Wish You Were Here .
Mardi, décembre 4th, 2007Je suis amoureuse des mots. Chacun d’entre eux, dans n’importe quelle langue.
Je suis amoureuse des mots. Chacun d’entre eux, dans n’importe quelle langue.
Après toutes ces découvertes, ces soubresauts, ces coups de coeur, ces magnifiques, ces oh! ah!, ces inoubliables, ces jamais vus, ces inédits et ces surréalistes.
Parfois, je m’arrête, pour me dire. Que je vis aussi des moments peu mémorables.
Les premiers temps sont terriblement excitants. La nouveauté, partout. Dans les papilles, dans les narines, dans les oreilles et dans les yeux, surtout. La mer salée, sa froideur, toutes les textures de cette plage mince. Mais c’est la rencontre avec tous ces gens qui donne une sensation si intense de liberté. Car tout ce qui est nouveau semble toujours plus intéressant. Chaque événement prend une saveur nouvelle, une intensité particulière, le brillant non encore terni de la nouveauté. Tous ceux qu’on croise sont encore vierges de jugement. Les gens sont beaux, gentils, souriants. Comme dans une contrée en sucre, aux maisons multicolores et aux gens dansant dans les rues.
C’est la lune de miel, cette époque, parce que on est amoureux à chaque instant de tous les petits détails (détaux!) de ce qui est si nouveau. Nos nouveaux amis nous semblent tellement mieux que les anciens, n’étant pas encore souillés de toutes ces gaffes que les vieux ont faites, n’ayant pas encore eu le temps d’être parfaitement eux-mêmes, dans leur beauté et leur laideur. Les jugements s’erronnent, les connexions se confusent. On est emporté par un tourbillon de nouveau et d’amélioré. Comme dans un parc d’attraction où les couleurs, les sons se mélangent pour former un brouhaha dans lequel on n’a pas le choix de s’amuser.
Et puis, les habitudes. On commence à voir, à connaître. À reconnaître, surtout. Ces gens si merveilleux retrouvent un caractère humain, pas nécessairement mauvais, seulement moins divin. Cette plage extraordinaire s’avère à être située juste à côté d’un parc à touriste, la température si sympathique s’avère être chiante. Ou pas, en fait. (nah, je voue un amour profond et sincère pour la température)
Mais ces habitudes qu’on a prise commencent soudainement à peser. La vraie personne, derrière le masque de l’excitation se pose des questions. L’éphémère devient désagréable. Un besoin d’intellectualisme, de savoir, de discussions pendant des heures dans un endroit plus proche du parc que du pub. L’alcool, tout cet alcool dont tous sont imbibés. Certains détails, finalement. Un courriel reçu. Une discussion avec un écran. Une chanson, souvent.
Et ça y est. Ces amis, ces vrais amis, ceux laissés derrière. Ceux qui ont réellement vécu des choses. Des amis choisis, sélectionnés. Ceux qui ont une personnalité réellement compatible. Ceux à qui on dit “je t’aime”. Et on le pense. Ces amis, ils reprennent de leur texture.
Le danger est là , en fait. On devient mélancolique, passant des heures devant cet écran si désagréable à tap taper sur le clavier. Conversations commençant par “Tu me manques!” et se terminant par des mots d’amour répétés. On se met à comparer, à préférer ce semblant d’existence aux gens réels.
Et on souffre, physiquement. De ne pas pouvoir toucher, surtout. Mais aussi de ne pas voir, réellement, sous toutes ses coutures, cet ami qu’on aime. De ne pas pouvoir laisser le silence s’installer, parce qu’un silence à travers une caméra, c’est toujours troublant. On souffre parce qu’on ne peut pas le serrer dans nos bras pour exprimer en un seul contact tout cet amour qu’on ressent.
Alors on espère. On espère, on se demande si on peut compter les jours. Compter les jours, mais pour quelle date? Et si je décide de ne jamais revenir, tu vas venir me voir, toi? Oui, mais quand? On désire plus, parce que les Kettles n’ont pas le même goût quand elles sont mangées seules, parce que les références douteuses ne sont pas drôles quand personne ne les rit (sooo, wafoulous?), parce que les étoiles sont assez nombreuses pour plus qu’une paire d’yeux. On veut exiger de ces gens une présence, mais, eh! c’est moi qui est partie, ils ont pas à venir me voir. Et ça coûte, et c’est loin. L’Écosse?! L’autre bout du monde, un océan et un pays.
On a envie d’expliquer ce sentiment d’absence. Ce sentiment que rien rien ne peut être fait pour combler ce vide. Métaphore de rupture amoureuse, mais avec vingt personnes à la fois. On reste chez soi, parce que ceux dehors ne sont pas ceux qu’on veut. Notre corps, le corps entier! réclame réclame. L’esprit aussi. L’être.
La conclusion, bah. On se remet toujours d’une rupture amoureuse. On doit sûrement se remettre d’une si grande distance.
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Bah oui, on dit “Homesick”, en langue indigène.
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(texte qui n’est plus d’actualité)
Alors que ma vie la plus passionnante est silencieuse, je réalise que le désir mitigé que j’ai d’écrire et de ne pas écrire découle de l’impossibilité dans laquelle je suis de vraiment écrire. Comment retirer du plaisir d’une liste d’événements sans substance, comment le mensonge - parfois - mais surtout le masque peuvent-ils être inspirant? Je veux imaginer, certes, mais je ne veux pas décrire une réalité fade. Car mon existence actuelle tient tout son intérêt dans ces détails inusités que je n’ai pas le droit de décrire. Eh, les potes, voyageant avec mon thumb, en france, j’ai été conduite de rouen au havre par un architecte posh qui m’a avoué avoir voyagé comme un hippie dans sa tendre jeunesse. Et c’est ce voyage-là , celui que je ne vous ai pas dit, que j’ai le plus envie de partager.
Car, car.
Je me rebelle.
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Hier, le chat qui m’a percé l’a fait tout en baragouinant de façon plutôt mignonne le peu de français qu’il avait retenu de sa haute école. “Elle est belle” qu’il me lance, après un “je suis fatigué” et “mon nom est john”.
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Certains compliments redondants ne font plus le même effet la cent millionième fois qu’on les entend. Mais, parfois, certaines personnes renouvellent le genre.
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J’ai rougi.
[FORZA-ITALIA-] tu navigues avec internet explorer ?
[Crystalium] je t’ai insulté moi ?
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Hier, j’ai été percignée par un mec déguisé en chat de Cheshire, robe rose et collants blancs.
“Woah, tu as même le iPod rose qui matche!”
“Ouais, c’est le mien.”
“Huhu, donc tu aimes le rose?!”
“Beh non, c’est seulement que c’est un tellement petit truc, je me suis dit que s’il était rose je ne le perderait pas.”
!
:)
Mon corps a déménagé, depuis trois jours.
Mon blog est donc en voyage, pas si loin d’ici.
Quoique, parfois, je m’ennuie aussi de la maison.
J’aimerais parfois m’arrêter
Trouver un endroit où rester
Mais je n’aime que voyager
Et je ne fais que passer
Parfois j’ai envie de stopper
Soit que je rencontre un ami
Ou que je me sente endormi
Je stationne un peu par ici
Car il faut des fois un accord
Entre la peur et le confort
Entre la voile et le port
Entre la vie et puis la mort
J’aime beaucoup trop le mouvement
Et ne serait-ce qu’un instant
Je n’ose jamais me surprendre
Je n’arrive jamais à me rendre
Et je ne fais jamais que passer
Qu’est ce qui est louche dans ces images?


Réponse: deux Aristotes, dont un directement du pays Hellène [/fôte ortograf]
Dans une débauche incroyable de citations hilarantes et moins, dans un silence annoncé, dans la chaleur inouïe, dans la musique et les adieux.
C’est le débart. Le débart, parce que j’ai la grippe. Le débart, monsieurs dames.
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Dans un commerce, il y a des phrases qu’on entend tellement souvent qu’on pourrait les murmurer en même temps que le client, qu’on pourrait les réciter avec lui comme des litanies. « Le guide de l’auto est-tu arrivé? », « C’est quand qu’il sort, le prochain Harry Potter? », « Le dernier Danielle Steele, c’est-tu le mauve ou le rose? » et, la plus troublante, la plus existentielle, la plus répandue peut-être : « Êtes-vous la caisse? »
Mon discours se résumait à de complexes explications logistiques : « Ils sont classés dans l’ordre alphabétique de nom de famille d’auteur, madame. » Il y avait cependant une phrase que j’aimais dire, une phrase qui m’égayait tellement que, forcément, le client approuvait : « On a pas ce livre-là ici, à Place Versailles, mais je peux le faire venir d’une autre succursale. »
[Polaroids, Anne Létourneau]
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Le mot tea en vint à suggérer un repas à part entière.
[Le thé, édition Marabout, p. 51]
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La vie se passe, les décisions se prennent, les événements surviennent au-dessus de lui [l’individu], quoi qu’il fasse. Il est un spectateur, même de sa vie; il ira voir le Pape, Mickael Jackson ou les Olympiques, pour « participer » à l’actualité. (p. 49)
Tout travail requiert de l’énergie. S’il est adapté à la personnalité du travailleur, il ne devrait exiger de sa part qu’une énergie renouvelable; en conséquence, jamais un travail ne devrait épuiser qui que ce soit. Certes, la personne sera fatiguée après l’avoir terminé, mais après quelques heures d’arrêt, elle devrait avoir pu récupérer la totalité de sa vigueur et de ses capacités physiques et intellectuelles. Beaucoup de gens les voient pourtant diminuer progressivement avec les années; on attribue ce phénomène à l’âge, alors qu’on sait aujourd’hui que le vieillissement en lui-même n’entraîne pas de diminution notable des capacités, mais uniquement, et tard dans la vie, un ralentissement dans la vitesse d’exécution. De nombreuses personnes atteintes d’invalidité partielle ou totale à un âge plus ou moins avancé sont tout simplement usées; elles ont puisé dans leur capital d’énergie vitale trop ou plus rapidement qu’elles n’étaient en mesure de le restaurer et ont été de plus en plus lourdement hypotéquées. (p. 172)
Ce n’est pas la richesse qui fait obstacle à la libération, mais l’attachement à la richesse; ce n’est pas non plus le plaisir que procurent les choses agréables qui est condamnable, mais le désir ardent de les obtenir. (E. F. Schumacher, small is beautiful, contretemps/le seuil, paris, 1978 p. 57)
Pour pouvoir sereinement tourner le dos à la consommation, il faut y avoir goûté et avoir réalisé à quel point la plupart des objets de consommation qui nous sont offerts n’aident pas au bonheur. […] Quelqu’un qui se sent privé de ce qu’il considère essentiel ou extrêmement valorisant ne peut facilement s’en passer lorsqu’il possède enfin les moyens de se les procurer. Par contre, nombreux sont ceux qui, sans avoir essayé tous les gadgets disponibles, ont suffisamment été en contact avec les « fruits » de notre civilisation pour savoir ce qu’on peut en tirer. (p. 239)
Pour que cesse la quête de l’avoir, et c’est essentiel si nous tenons à notre survie, il faudra aider les gens à trouver d’autres moyens de se satisfaire que dans la consommation. Donc :
[…]
-fournir aux gens des occasions de valorisation non matérielle – dans les arts, l’éducation […]. (p. 250)
Il est d’une extrême importance que les personnes qui ont atteint un niveau de conscience plus élevé puissent en faire bénéficier le reste de la société. (p. 251)
Serge Mongeau, la simplicité volontaire plus que jamais, montréal, écosociété, 1998.
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At the end of the Beatles’ song “A Day in the Life,” an ultrasonic whistle, audible only to dogs, was recorded by Paul McCartney for his Shetland sheepdog. No wonder I always found myself barking after that song.
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L’esclavage était à cette époque le véritable pivot de l’économie des grandes plantations d’Amérique et aussi de la Barbade. Bien que ce ne fût pas un système d’exploitation idéal, c’était l’unique moyen de tirer profit des cultures de coton, de tabac et de canne à sucre. Les femmes esclaves étaient, en règle générale, de piètres reproductrices, et la seule manière de reconstituer le stock d’esclaves, c’était de les acheter lorsque le besoin s’en faisait sentir. Les esclaves domestiques, qui servaient dans les maisons, étaient évidemment d’une espèce différente. Entre un « gullah » - esclave noir importé d’Afrique pour travailler dans les champs – et un esclave qui remplissait depuis des années les fonctions de majordome, il y avait presque autant de différence qu’entre un gamin des rues et un pair d’Angleterre.
-Roman Arlequin quelconque.
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-Je ne suis pas vraiment ravi, mais c’est normal. Déjà quand tu étais petite, je veillais sur toi avec un soin jaloux. Rien n’a changé. Je crois que je n’accepterai jamais de gaité de cœur de devoir léguer à un autre le soin de te protéger. Mais je reconnais aussi que tu as droit à ta liberté. Il est grand temps que tu assumes ta vie comme tu l’entends. (p.74)
Diane la laissa considérer d’un œil sinistre les fleurs qui, piquées à la va-vite dans une coupe emplie de mousse, dressaient leurs corolles colorées dans l’anarchie la plus complète, et alla servir une cliente. (p. 86)
-Enfilez une veste et venez. J’ai besoin de me dégourdir un peu les jambes.
-S’il vous plaît…
Il haussa un sourcil interrogateur.
-Je vous demande pardon?
-Vous êtes censé dire : « Enfilez une veste, s’il vous plaît. » Et ensuite, vous êtes censé me demander si j’aimerais aller me promener sur la plage.
-Je comprends. Mademoiselle a envie que je sois romantique. (p. 115)
-Je vais chercher le vin, répondit-il en disparaissant dans la cuisine. J’ai mis une bouteille au frais. Et j’ai aussi préparé une salade. Tout est prêt. Ce soir, c’est moi qui reçois. Installe-toi. Assied-toi et repose-toi.
-Magnifique! dit-elle en obéissant docilement.
Mais une lueur rebelle animait ses yeux d’ambre. (p. 137)
-Tout dépend. La puissance est une arme dangereuse. Surtout entre des mains féminines. On peut toujours prédire comment un homme utilisera la force. Mais une femme… vous êtes tellement imprévisibles! (p. 138)
-Une épouse aimante est censée soutenir son mari en toutes circonstances. Il est même bien vu qu’elle le flatte un peu en lui faisant remarquer qu’il a eu, comme toujours, une idée excellente.
Il contourna la voiture pour lui prendre le bras. Boudeuse, elle fronça gentiment le nez.
-D’où te vient cette conception curieuse des devoirs conjugaux d’une femme?
-Tous les hommes savent comment doit se comporter l’épouse idéale. C’est un savoir inné.
-Vraiment? Quel choc vous devez éprouver quand, génération après génération, vous découvrez que vos épouses ne correspondent pas toujours à ce gentil petit modèle!
-C’est un choc, c’est vrai. Mais nous sommes têtus. Et nous perdons jamais l’espoir. (p. 141)
Peter lui sourit par-dessus son verre.
-Il faut savoir se défendre, dans la vie. Nous ne sommes plus exactement des sauvages, mais la loi de la jungle est toujours la plus appropriée pour défendre son bien ou ses droits.
-Grand-mère disait toujours que la réussite ne devrait pas empêcher de respecter les lois de la morale la plus élémentaire.
Le sourire de Peter s’accentua.
-Elle avait raison. En partie du moins. Mais parfois, la lutte est âpre, et dans ces cas-là , il ne faut pas hésiter à utiliser les armes de l’adversaire.
-Ta pauvre grand-mère était tellement idéaliste, dit Catherine avec un soupir. Son sens de l’honneur était très louable, mais parfaitement inadapté à notre monde [celui des affaires]. (p. 146)
Les fleurs de l’orage, Jayne Ann Krentz. Roman Harlequin. 1988.
À la SAAQ
Moi: Eh, j’aurais pas du enlever les macarons anti-voiture de mon sac à dos!
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Au téléphone, avec une compagnie de carte de crédit
Moi: Bonjour, je téléphone pour vous avertir que je pars au Royaume-Uni pendant un an.
Téléphoniste: Ah, eh. Le Royaume-Uni, ça fait partie de l’Angleterre ça, hein?