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Archive for the '-5.72' Category

Vous savez Antoine, je me lasse vite des gens. Je m’attache à eux parce que je suis curieuse mais quand je les revois, je suis toujours déçue.

Mardi, mars 4th, 2008

En tentant de vérifier si mes cheveux pouvaient atteindre ma bouche, le goût de ma chevelure m’a soudainement projetée dans le passé, époque où je mangeais littéralement mes pelos. En plus de me ronger les ongles, je mâchouillais des mèches au hasard de mes angoisses, sans même sélectionner celles qui auraient pu être les plus appétissantes.

Puis, un jour, j’ai cessé d’avoir peur de la vie.

..

Addicted to sugar…

Dimanche, mars 2nd, 2008

… yogourt and tea.

Je réfléchis beaucoup à mon alimentation, public ému, et je me demande ce que je peux bien faire entrer directement dans mon corps, chaque jour. D’où viennent la farine, les œufs, les poires que je mâchouille consciencieusement?

La conclusion, si elle existe, n’est pas glorieuse. Je me suis donc lancée sur un bouquin de nutrition végétalienne que Neil le hippie a fièrement agité devant moi, un soir, alors que j’étais assise de l’autre côté des musiciens au Blue Lamp. Et je fais fonctionner mon cerveau, principal outil de réflexion (juste avant le savon et les mouches à feu) que possède mon moi-même.

Alors?

Le sucre. N’est pas très gentil.
Il me faut faire des recherches sur le sujet avant d’affirmer quoi que ce soit, mais il me semble bien que le sucre est cultivé dans des plantations pas très éthiques dans des pays chauds. Le sucre, délice des ventres chocolatés, est plein du sang noir des travailleurs-esclaves de pays inindustrialisés.

Le lait. N’est pas très gentil.
Directement issu du corps de ces animaux dont personne n’a envie de subir le sort [voir], le lait – et ses dérivés – ne sont certainement pas mieux au niveau des produits chimiques, de l’exploitation et du transport. Zéro pour l’environnement, lait, zéro pour le droit des animaux, zéro pour mon corps à moi. De plus, Neil-le-hippie a affirmé quelque chose que je devrai vérifier : le lait n’a pas été un ami du corps humain jusqu’à tout récemment dans l’évolution.

Les œufs?
Les œufs sont une immense énigme pour moi. N’étant pas des animaux morts, ni même des futurs animaux, leurs protéines ne peuvent être qu’un positif. Les œufs locaux de poules en liberté sont quasiment plus faciles à trouver ici que les œufs exploités, alors je doute. Est-il vraiment mauvais d’en ingérer de temps en temps? Contrairement au lait, il semble que les œufs ne sont pas des choses atroces et il existe des cas dans la nature d’animaux se nourrissant des rejetons d’une espèce différente (à vérifier), alors que les humains sont les seuls à boire un lait qui n’est pas le leur.

Le dénouement est évident.

Et si difficile à suivre. Le quasi-végétaliennisme (puisque je suis une amie des œufs), qui tente de bannir tous les sucres exploités (le miel et le sirop d’érable sont maintenant mes meilleurs amis) est plus facile à dire qu’à faire. L’affirmation signifie que le temps des produits transformés est fini et que mon alimentation doit absolument être pensée plus que quelque minutes à l’avance. Cela signifie aussi que je joue avec ma santé, le risque étant qu’en bannissant un si grand nombre de sources quotidiennes de vitamines et protéines et tous ces machins, je me rende sérieusement malade. Il s’agit donc de se renseigner, de lire, d’assimiler, et d’intégrer à mon monde un monde de légumes, noix et lentilles.

(Je repousse le questionnement à propos du thé, que je sais malsain pour la planète, les humains et possiblement mon corps. Je viens tout juste de bannir le fromage de ma vie, laissez moi une chance!)

(Par contre. Les oranges. Ce sera pas avant que je sois dans un pays où je peux tendre la main pour en cueillir.

Je sais, le jus d’orange!)

Partir. Et revenir

Jeudi, février 14th, 2008

Ayant compris soudainement qu’on apprend à voyager en voyageant, j’aimerais partager ma très courte expérience avec le monde. C’est peut-être totalement évident, mais j’ai du aller loin de ce qui a un jour été chez moi pour découvrir ces évidences. Less is better, je pourrais commencer par dire, mais vous le savez déjà. Les objets ne compensent jamais pour des humains, aussi. Mais, de façon plus tangible, sachez que même les plus grosses églises du monde ont des services religieux. Si le coût d’entrée de la cathédrale St-Paul vous rebute, pensez donc à vérifier les panneaux qui indiquent quand est la prochaine messe. En vous déguisant en pratiquant (et possiblement vous levant aux aurores), vous pourrez vous infiltrer dans le monument, certes, mais aussi découvrir un service religieux d’une grande beauté. Ce fait est applicable à toutes les bâtisses religieuses du monde. À bon entendeur.

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Neil le hippie m’a donné un livre, en échange du Écotopie que je lui avais déniché. Dedans, un joli extrait:

He would always be one for whom the return was as important as the voyage out. To go was not enough for him, only half enough; he must come back.

[…] the very nature of the voyage, like a circumnavigation of the globe, implied return. You shall not go down twice the same river, nor can you go home again.

You can go home again […] so long as you understand that home ias a place where you have never been.


The dispossessed
, Ursula LE GUIN, p. 48.

Utopie anarchiste dans un livre de science-fiction. Unusual and intriguating.

Je cite, à vous de réfléchir

Jeudi, février 14th, 2008

Christine Hope argues that hair removal is a subtle push to return women to a child-like body, “to consider women as less than adults.”

Advertising campaigns like the recent Schick Quattro assault, subtly but deftly assert the razor’s right over the woman’s body. The most expansive and inventive section of the company’s website is titled, “Quattro® Lingo.” The Lingo contains 24 made-up definitions of shaving-related terms, some of the more benign ones including, “Bathtub Tinsel, noun. The ring of itty-bitty hairs and soap film left in the tub after a serious shave.” Others are more loaded, like “Chastity Pelt, noun. What you have on your legs when you intentionally go without shaving before a date as a way of making yourself behave” and “Girlilla Warfare, noun. Temporarily suspending shaving as a way of punishing your mate for something. Could backfire if you end up uncovering a newfound fetish.” The humor in both is dependent on the reader’s assumption that body hair on a woman is disgusting and would thus be a ‘punishment’ for your mate if you didn’t shave, or an incentive not to engage in sexual activity. Not shaving your body hair is self-punishing in regards to your sex life, these two in plainly imply. (Unless, of course your man has a hair “fetish,” the second term concedes; for liking body hair on a woman could only be a deviant “fetish.”)

“I shave because I like it” is a frequent assertion, but a historically inaccurate statement. Women shave because Harper’s Bazaar arbitrarily told them to in 1915.

the simple origins of female body hair removal are enough to make us question this destructive, expensive, and unnecessary cultural habit.

(source, merci laurent)

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Some guerrilla artists are anti-capitalist, some only wear Nike trainers. It’s not a movement that attempts to support or to oppose brand conditioning. It is the general public’s artistic response to it.
Street Art - Wikipedia

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Independence is my happiness, and I view things as they are, without regard to place or person; my country is the world, and my religion is to do good.

(Thomas Paine)

V pour viande

Dimanche, janvier 27th, 2008

Au commencement, il y a la naissance d’un animal. Veaux, poussins, agneaux, tout droit sortis du ventre de leur maman.

Puis viennent les humains.

Piqûres, pour commencer. Contre les maladies, probablement, pour calmer le nouveau-né confus. Pour le faire grandir plus vite, aussi. Et la nourriture, mélange synthétique et redondant, parfois même issus des corps d’autres animaux morts. Bourrée de médicaments, elle aussi. Puis la prison, cage, étable où des centaines de ces petits et plus grands sont entassés dans une atmosphère artificielle, lumière contrôlée, espace restreint. Peur, souvent, panique panique. Rien de tout cela n’est naturel, possible.

Ces bâtisses, démesurés, pleines des cris de ces êtres entassés, immenses blocs de béton gris posés sur un sol magnifiquement gaspillé, puant, bruyant. Et polluant. Déjections des prisonniers envoyés dans les cours d’eau, émissions de gaz à effet de serre, autant pendant l’utilisation que lors de la construction d’une super-porcherie ou d’une cage semblable. Monstrueux bouton qui envenime l’odorat des populations avoisinantes.

Puis, transport. Empilés dans des immenses camions, vivants, ballottés de la prison à l’abbatoir. Dans les rues, les cyclistes ébahis entendent les cris d’horreur poussés par les cochons aux voix humaines provenant du camion arrêté au feu rouge. Frisson. Camion pouf pouf, pétrole, embouteillage. Abbatoir. Mort. Humains, tuant ces animaux à la centaine. Chop, chop, longue journée de travail, chérie je suis à la maison. Massacrer des animaux de 9 à 5.

Transport, encore, vers la boucherie du supermarché. Verrue de béton encore plus immense, entouré de voitures, bombes individuelles, musique insipide, lumière artificielle, paniers pleins. En solde! Nouveau! Saveur améliorée! Découpage en petits morceaux rouges, plastique, réfrigérateurs géants. Formes amusantes, couleurs vives. C’est quoi ça maman? Un bœuf, je crois. Ah non, un agneau. Bouffe synthétique.

Dans l’assiette, médicaments, souffrance, peur, coincés entre deux veines. Steak bleu, merci. Gavez-moi de chimique!

Miam miam.

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(wow, épeurant de sensationalisme)

‘comment changer les vitesses sur le vélos’

Mercredi, janvier 23rd, 2008

a la personne qui a tape ca dans google:
jai pas eu le courage de ladmettre pendant tres longtemps, alors bravo. mais quand on lapprend, soudainement, ca devient tres logique. courage!

(truc: gros chiffres, petites cotes. grosses cotes, petits chiffres.)

D’en haut

Mercredi, janvier 23rd, 2008

Ehm, dites moi, pourquoi est-ce qu’il faudrait payer pour voir la ville d’en haut (n’importe quelle ville, celle que vous voulez), alors que les hôtels de gens riches et qui aimeraient être célèbres offrent des ascenceurs, parfois panoramiques, qui mènent jusqu’à une jolie vue, gratuitement. En plus de voir aux alentours, on a le plaisir du un peu interdit. Wouh.

(Truc du voyageur pas riche numéro un)

Heroin

Dimanche, janvier 13th, 2008

Qui a vu Trainspotting ici, on lève la main.

Trainspotting, pour les autres et ceux qui ont oublié, est un film écossais (youp, et ils en sont fier). Représentant une réalité semble-il réelle du pays carotté, l’héroïne, Trainspotting est un de ces films que j’aime. Un bon film, qui donne – évidemment – envie de ne jamais approcher une seringue.

Tout ça pour dire que l’Écosse, incluant Aberdeenshire et Aberdeen, est touchée par un problème d’héroine. C’est la drogue la plus courante ici, en compagnie du pot, of course, que les gens que je fréquente font souvent venir du Québec [le pot, eh!] parce que c’est bien moins cher et bien meilleur là-bas. Oh well. Peterhead est un endroit à éviter pour tous ceux qui ne croient pas aux vertus de [insérer ici surnom de l’héroïne] et le film sus-nommé se déroule à Édimbourgh (même si je n’ai personnellement pas expérimenté la présence d’héroïne dans la capitale).

Ceci étant dit, et en ne voulant alarmer personne (je crois qu’il n’y aurait pas de quoi), voici une anecdote.

Une semaine ou deux derrière moi, rentrant à une heure somme toute raisonnable d’un party un peu ennuyant ou je n’avais, malgré mon féroce désir, pas dansé jusqu’au bout de la nuit en compagnie de mon pourtant habituel partenaire de boogie, Colin le seul et l’unique (inoubliable Colin), je fus frappée par l’atmosphère de pas comme d’habitude qui rôdait dans l’escalier qui menait à mon troisième étage. La porte principale du bloc n’était pas fermée, comme toujours, et les graffitis de l’entrée avaient presque totalement été effacés par la peinture rose qui les recouvrait, mais quelque chose flottait. Un paquet de papier d’aluminium traînait au pied des marches et aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Enfin. Marches montées, arrivée presque devant ma porte, dernier palier. Devant moi, étendu dans l’escalier, un jeune homme totalement défoncé. Héroïne, que je conclus rapidement, ayant enfin compris l’indice métallique.

Aucune panique, en fait. J’enjambe le corps en me demandant si je devrais téléphoner à la police. Pour leur dire quoi, ils doivent en entendre souvent des cas d’héroïne. Et la police, elle peut faire quoi de bon pour ce mec pas dangereux? J’entre dans mon logis, ferme la porte à clef et observe par le judas le héros de l’histoire se relever péniblement, probablement réveillé par le son de mes pieds, ramasser ses possessions et quitter mon champ de vision.

Trainspotting et la réalité, tout d’un coup.

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Dans un tout (mais vraiment tout) autre ordre d’idées, il peut être intéressant de contempler la pluie d’insultes que je reçois depuis quelques jours sur ce billet-là. À mon grand désespoir, il s’avère que je ne suis pas une vraie emo. Me reste plus qu’à me suicider.

Zwing

Mercredi, décembre 19th, 2007

Roulant allègrement sur cette rue achalandée, aujourd’hui, je me retrouvai devant une file de voitures arrêtées à un feu rouge. N’écoutant que mon courage, je commençai à zig-zaguer à travers les bombes roulantes afin de me rendre le plus loin possible avant de devoir cesser ma progression. Le pire arriva et je fus bloquée derrière une immense maison roulante, totalement incongrue dans ce paysage gris qui est ma ville. Me glissant dans la voie de droite, puisque je désirais tourner à droite, derrière le winnebago, je fus soudainement interpellée par un, deux, sept, un million de coups de klaxons provenant du conducteur de l’immense voiture arrêtée derrière moi. Décidant d’ignorer celui-là autant que tous les autres connards qui ne savent pas retenir leur impatience d’aller écouter X-Factor et bien convaincue de ma légitimité, puisque anyway osti de cave y’a personne qui avance en ce moment, je peux certainement pas bouger, je restai bien ferme sur mon siège, Dennis William-le-rayé pointé vers l’est. Profitant d’un mouvement initié par le château roulant immobilisé devant moi, j’avaçai Will avant de stopper de nouveau. L’homme furieux derrière moi profita de ce déplacement pour venir frapper plutôt violemment la roue arrière de mon vélo, afin de me signaler sa présence haineuse. Me retournant enfin, je pus voir une voiture de riche, habitée par un middle-age en complet veston qui me faisait des signes peu équivoques. Gardant un sang-froid factice, je lui envoyai la main en une vaine tentative de paix et replaçai mon cou dans sa position originale. Boum-boum, ça faisait en dedans, alors que j’imaginais comment cet enragé pouvait réagir, étant assez malsain pour venir frapper ma roue arrière alors que je ne faisais de tout évidence rien de mal, si la situation perdurait. Allait-il me rouler dessus, ou sortir de son auto pour venir m’écraser le nez?

L’histoire se termine alors que j’embarque sur le trottoir et m’éloigne le plus loin possible de cet infect individu et de son auto vide. Sa bombe roulante, complètement vide, autant de passagers que d’intelligence, est bien loin lorsque je pose le pied sur le sol, devant la boutique où j’allais achter du Haggis végétarien pour Noël.

Mais mon cœur boum-boume encore lorsque je repense à l’épisode. Je me suis peut-être déshabituée des péripéties montréalaises, m’amusant sur les routes quasi-campagnardes de la troisième plus grosse ville d’Écosse. Les connards se font plutôt silencieux par ici, et je pense parfois à mon retour dans la métropole. Je serai terrifiée, les quelques premiers jours de mon retour, et certainement encore plus dangereuse que je ne le suis déjà.

J’aurais aimé pouvoir lui donner un câlin.

**

Il me semble que toute pente descendante est un défi. Va plus vite, roule roule. Pleurant à cause du vent et pédalant autant que je peux, je relève à chaque fois.

Tea spoon

Dimanche, décembre 9th, 2007

+

+

=

Bonheur.

(une des plus belles expériences de ma vie. oui)

Noël

Vendredi, décembre 7th, 2007

Je pensais à Noël, comme ça, en lisant un bouquin affalée sur mon lit. Et je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à détester de tout mon coeur cette fête commerciale, malgré toutes les bonnes raisons de le faire.

Et j’ai réalisé que, finalement, malgré leurs côtés religieux, j’aime bien les sapins de noël, spécialement ceux qui sont encore vivants, plantés dans un pot de céramique, attendant quelques semaines pour retourner dans le jardin. Que j’aime bien aussi ces décorations (yummy cannes de noël), celles faites à la main, en tissu, qu’on utilise toute notre vie parce qu’elles viennent de nos grands parents. Que j’aime aussi cette occasion qu’ont les gens, obligation peut-être, mais une obligation qui me semble positive, de se retrouver tous ensemble pour apprécier un paquet de bouffe préparée spécialement par l’extraordinaire chef qu’est ma grand-mère (et la grand-mère de tout le monde, d’ailleurs).

Je déteste de tout mon coeur ce besoin qu’on a de couvrir les gens de cadeaux, et me suis promis de n’en offrir qu’aux gens à qui je dois en offrir au risque de paraître rude (demoiselle anglicise). Je déteste aussi de tout mon coeur cette obligation que j’ai d’envoyer des cartes de noël offrant des voeux, tous les mêmes, à des gens que je ne contacterais pas autrement.

Néanmoins. J’aime cette ambiance de fête. Et j’aime célébrer.

Conclusion.

À ma façon. Je veux bien fêter noël.