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Gent, Belgique

Samedi, juillet 19th, 2008

J’aimerais tomber amoureuse de lui. Mais c’est surtout parce que j’adore le contact de sa peau sur la mienne.

Samedi, juillet 19th, 2008

I just went for a walk in the quiet Aberdeen. Half past eleven. The sun had finally disappeared, black and lamp poles. Something else that I’m going to miss, this endless sun. I said au revoir to my beloved flatmate, she’s leaving before me, life is repetitive. I’m edible, apparently, and that makes me love her even more.

Tea ginger and lemon, predictably. Quiet blow and sip, warmth.

I went for a walk because my head was bang-banging in my temples. I hugged my flatmate and her tendre moitié before leaving, my bag filled with cakes.

In my head, there is a dance of circles. One for the travel, one for the stability, one for the good-byes, one for that kiss. Why does life start to be interesting when I leave? did I ask him. I left him a cake, and another for his curly neighbour. And went back, suddenly wanting to run. Bo-oom, shouted the bridge.

George was quiet, and my circles were glowing in the tender freshness.

I would like to never touch anyone’s skin anymore. Too much human contact. I feel like depriving myself of it so I could become ultra-sensitive to every caress.

Years ago, I would dream of living in the middle of the ocean on a small boat following the wind. Sometimes it was the desert, but always one thing was redundant: loneliness. Since then, I have been thinking about that time and wondering why I don’t dream about that anymore.

And all this future. It’s almost stifling.

Gentle smile.

I would like to dance now. If only my sore body would let me. If only my eyes could stay open.

I have seen the others

Samedi, juillet 12th, 2008

Ce matin, j’ai envie de retourner à Montréal.

Lemons and Planes

Dimanche, mai 25th, 2008

On wednesday, Gabrielle goes to and comes back from work by car. Once she’s home, she finishes packing her bag and walks to the bus station. The bus driives her to Glasgow where she takes a taxi, enjoys a short night sleep and wakes up to walk to the bus station where she takes a shuttle for the airport. Airport means plane. Plane equals Keflavik, Iceland, where she hitches a ride to Reykjavik. In Reykjavik, she wanders on the streets for a few days, even using a skateboard once before embarking in a car that rolls towards a shopping mall where she hugs everyone and, the next day, another car that brings her to a mountain on top of which she can bathe. Then, after a good night’s sleep, the bus brings herto Akureyri where a car picks her up and brings her to a friendly house. She’s being driven around before deciding one morning to hitch a ride to Reykjalid where she embarks on a massive jeep tour from which she admires lava fields and hot springs. Next morning: a lorrie, a bus, a car that her thumb attracted and, after a break, a few cars, finding her pityful. Siglafjordur, 40 km away from the arctic circle. Next morning, hitch, hitch to Borganess and a great soup, hitch and a farm whith random elderly strangers. Northern lights and white beach. Sleep. Hitch. Reykjavik, and lazyness, a bike, briefly. Finally, a bus at 4 am, a plane, a shuttle and Glasgow. A car and her foots carries her along with a friend. Later, a bus, a ferry and a bus. Belfast. Walk, walk, a tourist bus, walk again and bus, not long later. Ferry, bus, Glasgow! A city bus, a night’s sleep, a bus again and a friend’s car.

Aberdeen.

Mary

Jeudi, mai 15th, 2008

‘On the 30th or 31st, on the beach, free dumpster dived food, big fire. All night long, until the sun rises.’

C’est ce que j’ai commencé à répéter à tout le monde. Mon party de départ.

**

Le soleil chaque matin se lève sur un monde un peu plus bleu. La pluie écossaise, je l’attends encore. Ma vie a changé, évidemment, d’une façon incroyable – visible ? – depuis les neuf mois que j’ai germé ici. Bwah, bwah. Un bébé.

J’ai envoyé mes couchsurfing requests pour Manchester, Liverpool, Newcastle. J’ai un endroit ou dormir à Dublin, mais il faut que je vérifie pour Cork.

Mon voyage est.

Il y a cent mille aventures qui m’attendent. De gauche a droite, je me promène, dans le monde du Royaume-Uni et de l’Irlande.

Je n’ai pas envie de partir.

J’ai hâte de partir.

Je veux être à Montréal.

(soupir)

Et c’est comme ça depuis le premier mai.

(certaines personnes en ont marre de m’entendre changer d’humeur)(je les comprends)(mais je n’y peux rien)

Le 31 mai, party de départ. Le premier juin, départ, vers Wick et Inverness. Après ca, Arran, Glasgow, Edinburgh, Newcastle, Manchester, Liverpool, Dublin, Cork, Dublin, Wales, Cardiff, Oxford, Cambridge, London.

Le 1er juillet, je serai à Londres, ou bien en France. Où entre les deux, a Jersey et Guernesey.

(et je donnerais tout pour être à Montréal, juste maintenant)(et donner un câlin, a certaines personnes)

(soupir)

Factory

Jeudi, mai 1st, 2008

Le doigt sur le nez, trois héros se faufilent bruyamment dans la pénombre. Le paysage est apocalyptique, les tessons sur le sol rivalisant en quantité avec les bouteilles de liqueur vide.
-It feels like we’re the only ones alive after a giant nuclear explosion.
La voix brise le silence, faisant frémir la chair de poule des deux autres aventuriers. La lueur de la torche balaie les murs de brique rouge.
-Shuuu…, murmure le plus grand. I heard something.
Moment d’attente entrecoupé de mille bruits suspects. Un tapotement régulier rappelant un pas se dessine au loin. Les respirations s’arrêtent. Flottement.

**

Après les aventures de mardi dernier, je croyais qu’Aberdeen la bien-aimée allait perdre de sa saveur, devenant un endroit dont j’aurais exploré tous les mystères.

Pah!

Il semblerait que dans ce monde de magie et d’elfes, une aventure n’attend pas l’autre. Mais puisque je suis une grande fan de la chronologie, et que sinon j’oublierais des détails. Commençons avec…

**

Mardi soir.

Le mardi soir, c’est le cours de français. Neil me l’ayant sympathiquement demandé il y a quelque mois, à 18h57 chaque tuesday evening se rassemble dans mon minuscule salon une foule assidue désirant perfectionner ses talents linguistiques.

Mais, cette semaine, la foule assidue était dissipée, Ela n’avait pas vu Ellie depuis un mois, because vacances et travaux de fin de session, Neil semblait fatigué, Graeme et Annie était absents, alors Kevin le nouvel élève était le meilleur de tous, gazouillant quelque mots avec l’institutrice. L’atmosphère était loin de celle d’une classe de français, et tant pis. Alors que je jonglais* consciencieusement dans le salon, Kevin a soudainement lancé: “I would love to visit that factory** in front of your flat.”

Battement de coeur.

Quelques minutes plus tard, nous y étions. Ela partie vers son lit, Neil, Ellie, Kevin et moi grimpions le mur en enjambant les barbelés. De l’autre côté, l’inconnu de cette immense bâtisse rouge. Un paysage tant de fois imaginé se dessine, murs couverts de graffitis et fenêtres explosées. Nous avançons dans un espace vide encore illuminé par la clarté des lampadaires de la rue. À quelque mètres de nous se trouve Hutcheon Street et le monde connu. Devant nous. L’inconnu.

Ellie ayant soudainement été attaquée par une peur panique de la noirceur, Kevin la reconduit vers la lumière avant de venir rejoindre Neil et moi qui avions découvert un escalier menant au sommet d’une bâtisse. Escaladant doucement les marches rouillées, ce qui nous attend au sommet est un peu décevant. Nous décidons de plutôt explorer ce qu’on trouve au sol. La noirceur s’épaissit et la lampe de poche que j’avais glissée dans ma poche devient soudainement très utile. L’usine est fascinante, l’architecture de l’endroit rappelant souvent une vieille usine communiste comme celles qu’on pourrait imaginer en Russie. Dans un coin, nous trouvons un espace vert, épargné par les déchets, où on voit un arbre pousser dans un mur. Bonheur furtif. La nature peut encore parfois gagner.

Kevin terrifié et contagieux, chacun agrippé au bras de l’autre, nous décidons que les émotions de la soirée ont été assez intenses. Nous ressortons de ce paradis silencieux, peuplé de zombies et de mystères. Le peu que nous en avons vu étant bien assez pour nous donner encore plus envie d’y passer des heures, à fouiner dans tous les recoins et à déchiffrer tous les graffitis, nous allons certainement y retourner.

À un moment donné, pendant les cinq semaines qu’il me reste à vivre ici.

(soupir)

(le temps passe si vite)

(re-soupir)

Assis tous les trois devant la porte de mon appartement, nous répugnons à nous séparer. Les aventures de la soirée se sont terminées trop tôt, nous semble-il, quelque chose d’autre devrait se produire.

Puis, Neil parle de Dumpster Diving. Une aventure! Les yeux brillants, je lui relate ma courte et infructueuse expérience, lui confiant que je n’ai par contre pas essayé aux deux endroits les plus proches de chez moi. Sainsburys, then!, que nous décidons. Sur le chemin, après un arrêt chez Dirty Steve, le dépanneur 24h du coin, Neil affirme “It would be so great to find some Hummous!” Le méga-complexe de magasins se dresse alors devant nous, impressionnant d’artificiel et de silence. Intimidés, nous nous glissons lestement à l’arrière, et ouvrons chaque poubelle qui se trouve sur notre chemin. Rien. Rien. Rien. Derrière le Sainsburys, déception. Rien.

Le cimetière de trolleys nous captive un moment et la découverte de journaux de la veille nous rend le sourire. “The Sun contains Sudokus,” me susurre Kevin, “want to make a race afterwards?” “Of course. And I’m going to kick your arse!” Nous rentrons, toujours aussi prêts aux aventures, mais un peu moins éveillés. La nuit s’attaque à nous de plus en plus et, quand nous nous rassemblons de nouveau sur le portique, je suis presque prête à donner ma démission. Neil affirme vouloir vérifier le contenu de la poubelle devant la Coop avant de retrouver son lit et m’emprunte ma lampe de poche. Pourtant, une fois de plus, nous semblons incapable de nous séparer. “Why don’t we all go to the Coop together?” que je propose. Why not.

Coop. 2h du matin. Mes yeux se ferment tout seuls. Nous ouvrons le couvercle de la poubelle pour y trouver un paradis. Des millions de loafs (voici un mot que j’ai oublié en français. Miche?) de pain sont entassées bien sagement, entourées de raisins verts frais et de scones. Mhh. Nous faisons un festin de roi, ouvrant le paquet de scones et extirpant tout le pain que nous voyons. Heureux, nous nous apprêtons à refermer le couvercle quand, déplaçant un sac, je lançe: “Hey, isn’t that Hummous?” Lumière céleste, sourire éclatant. Neil est heureux. Très heureux. Dumpster Diving, réussi. Marchant gaiement pour une dernière fois en direction de chez moi, nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer la chance inouïe. Hummous, hein. Suffit de le demander! Câlins et séparation, Kevin grimpe chez moi alors que Neil s’en va savourer sa prise. Un concours de Sudoku (que j’ai gagné, eh) et une tasse de thé*** plus tard, je m’endors sur le divan alors que Kevin tapote les aventures de la soirée sur Aristote.

**

Mercredi.

Complètement crevée après la nuit presque sans sommeil de la veille, je me traîne difficilement au travail le jour suivant. Réalisant de plus en plus à quel point ce qui était initialement la raison pour laquelle je venais en Écosse était devenu un fardeau, je maudissais le réveil, le système d’éducation et l’odeur de la décharge d’Aberdeen que nous croisions sur le chemin. Malgré tout, la journée était plutôt agréable, les pupils étant de ces machins qu’on ne peut s’empêcher d’aimer. C’est quand même avec un petit soupir de soulagement que, le soir venu, j’étais retournée chez moi dans la machine à pétrole rouge de Bobb que je n’avais pas vu depuis un bon moment. Un repas chaud (si je me souviens bien, c’étaient des rouleaux de printemps “maison”, recette improvisée et bien intéressante) dans mon bedon et la certitude de passer une soirée calme à la maison, tout allait bien.

Le bourdonnement d’Heather me tira de ma léthargie. Neets me lance: “Want to come and climb trees with Carson and I?” Bien sûr que je veux grimper aux arbres, c’est toujours mieux que de récurer des chaudrons. J’enfourche William et pédale joyeusement en direction de Seaton Park, magnifique perle où coule la rivière Don et où poussent des arbres délicieux.

Là-bas, Ela, Neets et Carson me font des câlins. Le sourire de Neets lance à Ela “let’s go and play in the playground” alors que la tête vers l’arrière je tente de distinguer Carson entre les branches. Captivée par le cyclope qui se cache dans l’arbre, je prête une oreille distraite à la progression du géant frisé. Puis, c’est hide-and-seek et plein de fou rires. Ela va se coucher, Neets et Carson enfourchent un autre arbre et je m’arrête, fatiguée et pensive, pour réaliser qu’il ne me reste plus que 5 semaines dans mon paradis. La pensée est redondante, obsédante. Le départ me déchire, me laissant un goût amer de peur et de hâte. Plus de cet emploi que je n’apprécie pas. Plus de cette liberté. L’idée me donne envie de sortir de chez moi et de vivre chaque moment encore plus intensément que le précédent. Je veux tout voir, tout vivre avant que mes amis ne s’éparpillent à chaque coin du monde et que cet unique ne cesse de pouvoir exister.

Je suis follement amoureuse de ce que je vis ici. Mais je sais que, si je reste pour une deuxième année, que si j’essaye de garder entre mes doigts tout ce bonheur, je ne pourrai qu’être déçue de la redondance d’un monde qui ne sera plus le même. Je ne veux pas partir, mais je dois le faire, pour garder un souvenir impeccable de ce monde glorieux.

Lourde de tristesse heureuse, je fais le signe du départ. Carson m’entoure de ses bras et Neets emboîte son pas avec le mien. Papotant, nous traversons le magnifique Old Aberdeen couvert de noirceur. Un arbre magique, comme tous ceux que le printemps a réveillé, fleurs aux couleurs incroyables croise notre chemin, puis la maison d’amis devant laquelle la chaîne de William s’échappe de sa prison. Un message transporte Kevin de son salon à la porte de sa voisine, Neets, et, le lit de cette dernière ayant semblé plus confortable que la douceur de l’extérieur, je me retrouve, une fois de plus, à m’endormir sur un thé° et un divan, chez l’Irlandais à lunettes.

**

Jeudi.

Me levant bien trop tôt, ronchonnant parce que je dois rentrer chez moi avant de commencer ma journée de travail, je me promets de ne pas me laisser entraîner par le vice des jeudis soir et de passer une soirée calme chez moi, avant d’aller m’endormir dans le confort de mon lit. Même scénario que la veille, demi-journée et je suis de retour chez moi vers 2h. Une courte heure passée avec Lee et je rentre chez moi à temps pour repartir, rejoindre Neets à l’ouverture d’une exposition à Peacocks, une des quelques galeries d’art indépendantes de la ville. Le truc bondé et humide semblait prometteur, mais, aussitôt arrivée, je dois repartir en courant pour rejoindre Teresa qui attend patiemment devant ma porte que je veille bien faire bouillir une tasse de thé°. Il y a des siècles que je n’ai pas vu Teresa et le pap-pap de notre discussion me fait sourire. Elle, assistante de langue exemplaire, moi, assistante de langue blasée, la conversation roule sur les péripéties de nos vies respectives. Après un câlin et quelque heures, je referme la porte sur une soirée agréable. Il est 10h et l’énergie me revient. Colin, solution à tous les jeudis soir me répond qu’il est chez lui à relaxer. “Can I join you?” “You’re always welcomed here.”

Une vingtaine de minute plus tard, en grimpant les escaliers recouverts de tapis qui mènent à son appartement, je me demande pourquoi je suis incapable de suivre les plans que je me fixe. Rester calmement chez moi et me coucher tôt, hein. Pff. Une, deux, trois tasses de thé°, des balles de jonglage et plein de musique, je cligne des yeux sur le divan. Quelques heures plus tard, Colin me réveille en déposant une douillette sur mon sommeil. “I’m sorry to be such bad company.”

“You’re never bad company, Gabrielle.”

(soupir, mais un autre)

**

Vendredi.

Énergisée par le sommeil, le beurre d’arachide et le soleil éclatant, j’enfourche William pour des péripéties en ville. Le bureau de poste, le supermarché chinois et le magasin d’alimentation naturelle servent d’excuse pour des détours et des explorations dans le vent doux. Le ciel resplendit, manches courtes et pas de manteau, regarde maman j’ai même pas froid. Je trouve une dizaine de minutes pour aller enfiler une jupe et engouffrer le restant de curry préparé la veille puis je me précipite, Radiohead jouant en boucle dans ma tête, pour déposer mon sourire au coin de la rue où m’attendent Kevin et Cearùil. William est emprisonné sur son poteau, nos pieds nous dirigent vers le sud en quête de Mel Gypsum, agent coagulateur servant à la préparation de tofu maison. Pas de Mel, mais la police qui ordonne à Kevin de descendre de l’arbre où il s’est perché, via des hauts parleurs et une voiture blindée aux couleurs criardes. Un arrêt chez moi pour empoigner une boîte et la soirée workshop prévue la semaine précédente commence. Au menu: porte-feuilles, savon, tofu, beurre de soya, tahini, brownies vegan, pâte à dents et aimants. Mon savon au gazon provoque des incertitudes, la coloc saoule des frustrations, je m’endors dans un coin, en me disant qu’il y a bien longtemps que je n’ai pas rêvé dans mon lit.

Comment qu’on fait ça, du Tahini, du tofu et du beurre de soya? Faut suivre la recette, eh!

**

Samedi.

La règle de Kevin le matin est plutôt intéressante: on ne doit pas se lever avant que le ciel soit devenu bleu. La température d’Aberdeen étant bien loin de celle qu’on retrouve dans le reste de l’Écosse, et les dernières semaines ayant été particulièrement souriantes, il ne nous a fallu attendre que jusqu’à 14h avant d’émerger du sommeil. Écoutant en boucle la bande sonore de Juno qui, si je continue de la faire jouer à ce rythme, risque de me donner des cauchemars, nous préparons des patates grillées en guise de déjeuner, que nous allons déguster dans le jardin à l’avant de la maison, saluant au passage tous les voisins. Je pratique mes balles, devenant meilleure chaque jour et poussant des exclamations joyeuses à chaque réussite. Un coup de fil et Kevin me demande si je veux remplacer la co-animatrice de son émission de radio, descendue vers le sud pour un lunch. “Of course!” Retardés par la cuisine, nous décidons de faire l’émission à 20h, les habituels de cette heure ayant décidé de déserter, au lieu de nous présenter au studio à 17h comme prévu. Blaguant en chemin sur le fait que, étant les derniers de la journée, nous pourrions bien rester plus qu’une heure au micro, nous arrivons à l’Aberdeen Student Radio vers 19h50 et, sans me le dire, Kevin lance le spectacle.

Ayant été avertie que personne ne nous écouterais, la radio n’étant disponible que sur internet et, première année n’aidant pas, peu populaire, je n’avais aucun stress à l’idée de parler pour la première fois dans un micro. Donna l’animatrice habituelle envoyant une pluie de messages, Kevin et moi débitant des niaiseries, le temps s’est mis à défiler sans que nous ne nous en rendions compte.

9 heures plus tard, Laurent - probablement le seul auditeur qui n’était pas allé se coucher - nous implorant de cesser notre émission pour lui laisser la possibilité de se concentrer sur ses travaux, complètement affamés et épuisés par la nuit blanche que nous venions de passer, nous lançons la seule chanson qui aurait logiquement pu être la dernière chanson de notre émission°° et fermons les micros.

9 heures.

9 heures.

Wah.

Pendant ces neuf heures, connectés à nos ramblings, des amis lointains, un peu de musique, des inconnus et quelques étudiants saouls. Un email à deux heures du matin nous annonce que nous avons été la bande sonore du pub de l’université toute la soirée et que l’auditoriat que nous croyions réduit à une seule auditrice - Donna - et les quelques convaincus par mes courriels, était finalement beaucoup plus large. Je venais de passer neuf heures à parler en anglais dans un micro (non, j’ai pas un accent écossais) alors que je prévoyais aller admirer le coucher du soleil du haut de la tour de la factory devant chez moi, ou jouer au scrabble, ou m’endormir en écoutant Harold and Maude.

Les emails d’un Theo de Hollande nous affirme que Kevin et moi are like people chatting in their living room. Intime. Peut-être. Pour moi, les moments où les micros étaient branchés n’étaient pas différents de ceux où ils ne l’étaient pas. J’ai eu. La piqûre de la radio.

Ban the Bike Bombs, ainsi a été nommé cette coupure dans le temps. Radio-nostalgie est le sentiments qui glisse sur moi depuis que nous avons fait jouer cette dernière chanson. Nous avons promis un next week qui ne se réalisera peut-être pas, et parlé d’une hypothétique émission dans le pays de Montréal une fois qu’il l’aura envahi et que j’y serai retourné. Maah. L’idée brille dans mes yeux, on verra? Si vous le voulez, - peut-être - samedi soir prochain, possiblement à partir de 20h (Écosse) - 15h (Québec) jusqu’à ce que la station cesse de fonctionner, que la faim dévore nos estomacs ou bien que nos auditeurs cessent d’exister, ma voix résonnera en ondes juste ici.

Le soleil que nous avions vu se coucher vers 21h s’étant de nouveau levé vers 4h30, c’est avec un ciel clair de 5h du matin que nous avons lancé des roches dans les fenêtres de la coloc parce que Kevin, convaincu d’être de retour une heure plus tard n’avait pas cru bon chercher ses clefs dans le fouillis de son appartement. Une tasse de thé° plus tard, enfouis sous des couvertures et étendus sur les coussins éparpillés dans le grenier, je triche aux dames avant de lancer le jeu à l’autre bout de la pièce et je tombe sur Morphée, le sleeping happiness°°° m’ayant finalement tuée.

**

Dimanche.

À 16h, après neuf heures de sommeil en briques, j’ouvre les yeux. Kevin, non loin, probablement éveillé par mes étirement, me souhaite une bonne journée. Lever lent, je déclare en regardant Heather que je dois retourner chez moi pour retrouver Graeme à qui j’ai promis de fournir de la nourriture. Tasse de thé°. Le ciel est gris et j’ai l’impression d’avoir une geule de bois. La boîte de savon dans les bras, je marche lentement vers chez moi, arpentant les rues désertées, l’estomac vide d’émotion et de nourriture. Je n’ai pas eu de vrai repas depuis deux jours, trop occupée que j’étais à vivre.

À la maison (ah, tiens, mon appart ressemble à ça!), je dépose la boîte et me lance dans la douche. Sourire, et fatigue. Graeme arrive et, enfouis dans les divan, légèrement, faisons le plein de nouvelles, pendant que la nourriture se réchauffe. Alors que j’étais prête à m’endormir, l’estomac douloureux, le brouillard extérieur et l’insistance de mon invité me convainquent d’émerger de ma paresse. Seaton Park, que je propose, désirant admirer les formes des arbres engloutis par les nuages. La marche est agréable, les rues impassibles et les visions magnifiques. Arrivés à Seaton, traversant Old Aberdeen, tombant une fois de plus amoureuse de la ville, le parc est encore mieux que je ne l’avais imaginé. Avec un Graeme impressionné, lui qui n’avais pas osé explorer la ville lorsqu’il y habitait encore, nous parcourons la verdure. Gentle stroll. La conclusion de cette semaine passionnée me fait plaisir, mes yeux engouffrant la beauté de ce qui m’entoure. Sur le chemin du retour, entrant doucement dans St-Machar Cathedral, mon église préférée, nous fonçons dans un spectacle de musique classique, chorale immense et violons tous en accord. La beauté de la chose impressionne, mais nos bâillements nous convainquent de rentrer à la maison. À demain, bon retour, je referme la porte sur ma solitude, presse “play” pour le Radiohead insistant et verse un thé° dans ma tasse. Aristote, clavier avec accent.

Fin des aventures.

Soupir.

Je suis heureuse. Ici.

**

*De retour d’Islande, j’ai décidé que je voulais apprendre à jongler. J’ai donc déniché du vieux tissu et ai cousu trois balles de taille presque similaire. À l’aide d’un livre pour enfants, j’ai ensuite, en commençant avec deux balles, appris à jongler. Depuis ce temps, il est difficile de passer quelque heures avec moi sans me voir lancer des balles dans les air, avant de les échapper. Mais je progresse. Vraiment!

**Devant chez moi se dresse une immense usine abandonnée. On y produisait des carpettes, m’a-t-on dit. Quelle qu’elle ait été, l’usine provoque en moi des sentiments incroyables de curiosité et de désir. Depuis que j’y vis, je ne passe pas une journée sans soupirer en regardant les murs qui l’entourent et en écoutant les histoire de ceux de mes amis qui y ont déjà pénétré.

***Depuis que je suis arrivée au Royaume-Uni, j’ai développé une addiction profonde pour le thé. Chaque jour sa tasse est devenu mon slogan et, quand le thé n’est pas disponible, c’est de l’eau chaude que je dois ingérer.

En plus.

Kettle - et bouilloire - est mon mot préféré.

Accro.

°Voir note précédente. J’étais sérieuse!

°°Anyone Else But You des Moldy Peaches, chanson thème de Juno. Joli:


°°°Sleeping Happiness - En islandais, un mot que l’on ne retrouve dans aucune autre langue désigne ce sentiment que l’on a quand, la fatigue dépassant le stade amorphe devient soudainement une raison pour rire et sauter partout. J’ai un boost d’énergie qu’on lançerait. Les Islandais, ils disent Svefngalsi.

D’ailleurs, je n’aime pas les objets. Je leur préfère l’existence et le savoir.

Mardi, avril 22nd, 2008

Un défi?

Je l’ai regretté avant même d’avoir accepté de le relever. Un coup de gant virtuel, me lance le vocabulaire fleuri de monsieur T., m’incitant à reprendre un clavier que je délaisse trop souvent pour le monde réel. Trop souvent? Bah. Les péripéties incessantes qui jonchent ma vie sont bien plus intéressantes qu’une quelconque existence virtuelle, à ce qu’il me semble. Ma famille, surtout, ne semble pas approuver cette idée, exigeant régulièrement des textes que j’ai de moins en moins envie d’écrire.

Un défi, donc. Qu’en faire?, me suis-je aussitôt demandée. Si j’ai un texte à écrire, il faut bien qu’il parle de quelque chose, non?

La question de la qualité est aussi un enjeu délicat. L’adversaire en est un de taille, un de ceux qui maîtrisent une langue magique peuplée de métaphores. Face à mon incapacité actuelle de communiquer dans ma langue maternelle, l’esprit trop encombré par ces mots incisifs d’une langue conquérante, une éruption de talent me semble bien ardue.

Mais, trop tard. Je dois produire quelque chose de littéraire, espérant une sentence favorable.

**

Qu’est ce qu’il y a dans ma tête?

Il y a des noms, beaucoup, de ces trucs qui semblent plus lointains à d’autres qu’à moi. Il y a des listes, un paquet d’idée, créativité exacerbée par le désir d’ingérer du savoir. Il y a une mixité de désirs, physiques et intellectuels, de questions et de conclusions qui se forment peu à peu.

Il y a aussi des souvenirs, et des désirs impétueux de chausser la route vers l’inconnu de ma destination. Tout droit et à gauche, soudainement, sur cette route abandonnée. Tel est le plus beau des voyages.

Il y a des réalités, aussi, entre deux rêves. Les réalités sont les morceaux choisis, souvenirs magnifiques d’une existence improbable.

Hier soir, un moment intemporel. Moment [n.] intemporel [adj.]: Épisode de plénitude situé dans une étendue de temps qui, ainsi, perd son importance. Un moment intemporel provoque toujours des exclamations concernant la vélocité du temps qui passe. Remarques banales.

Le moment intemporel d’hier soir n’était pas plus intemporel qu’un autre. La machine Heather avait tchip-tchipé de surprise à la réception de l’invitation d’un ami étendu dans un parc. Plus tard, avait été ma réponse. Le plus tard venu, entré en coup de vent sans même cogner à la porte toujours ouverte, pétrissant mes épaules rigides, l’ami avait suggéré. Quinze minutes et plusieurs briques plus tard, le feu vrombissait joyeusement dans les dernières lueurs du coucher de soleil mauve. Le gazon du jardin venait d’être coupé et les odeurs se disputaient cordialement une place dans nos nez. Au même instant, profitant de notre inattention, le moment intemporel avait piétiné le tapis vert et s’était infiltré délicatement dans un coin de la couverture. Crépitement, silences et guimauves, en plus des étoiles qui s’étaient jointes à nous. Les moments intemporels étant de ceux qui ne peuvent se décrire, nous laisserons ces évadés du présent en paix.

**

Je répugne de plus en plus à partager le contenu de ma vie idyllique avec un monde qui n’a plus rien de tangible pour moi. Les réactions d’incompréhension que je reçois face à ma mise en doute de l’existence même des gens qui impriment des mots sur ma rétine est, on me dit, insultante. Pour ma part, je trouve plutôt surprenant que la mienne d’existence ne soulève pas plus de doutes. Personnage invisible d’une existence passée, suis-je vraiment réelle?

Le personnage inconnu de cette histoire, monsieur T., est maintenant appelé à l’avant-scène. Son irréalité le rendant quasiment tangible, nous pourrons ici interroger ses souvenirs enfouis. Quels sont-ils? L’histoire est banale, lointaine. Un front dégarni, une ligne d’attente et l’imagination de nos héros. Résultat: huile et zouip.

Le souvenir se relie au monde réel avec la rencontre d’un de ces oeufs humains. L’amitié instantanée et la présence d’huile étaient les ingrédients parfaits pour la réalisation de ce rêve. La conclusion décevante ne perd rien pour attendre. La prochaine rencontre, et les suivantes, seront autant d’occasions de tenter l’expérience.

**

Défi relevé?

À ton tour.

A Spider - Beside Her

Vendredi, avril 11th, 2008

Je crois que j’ai envie de retourner à Montréal. C’est une chose difficile à admettre, et un peu incompréhensible. De ce que les gens me disent, je peux deviner que Montréal n’a pas changé du tout, qu’elle est toujours exactement la chose que j’ai quittée. La seule raison qui fait que j’ai envie de retourner à Montréal, en fait, c’est cette conviction que c’est l’endroit où je dois (je veux, peut-être, mais je n’arrive pas à déterminer si c’est le cas) m’installer et tenter de m’intégrer. C’est l’endroit logique, en effet, puisque c’est celui où je connais des gens et où je pourrais reconstruire un monde différent et qui me correspondrait. Malgré tout, ce désir me semble étrange. J’ai encore l’impression que cet endroit où je voudrai réellement m’installer n’existe pas encore. Du moins dans ma vie.

Il y a des choses qui, je crois, me manquent, quand même. J’ai des souvenirs de moments incroyables et je crois bien que je serais capable d’en recréer des semblables. Et il y a des personnes qui, je crois, me manquent. Non, pas tellement en fait. Mais je me souviens de gens et j’aimerais voir si je suis encore compatible avec eux, malgré les changements de ma personne.

Donc il y a un endroit où j’ai envie de retourner parce que je sens que c’est le seul endroit où j’ai le droit de faire ma maison, et des gens que j’ai envie de revoir parce que j’espère que j’aurai encore envie de les fréquenter.

Soudainement, quand je le formule comme ça, j’ai moins envie d’y aller.

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Reste ce désir de me créer une maison, quelque part, à un endroit où je pourrais me sentir moi-même et m’installer réellement. Vider mon esprit de tous les projets qui y volent, avec une peau verte et des rubans multicolores. Cuisiner, coudre, jardiner (sans devenir une femme de maison parfaite, ah!) et être parfaitement heureuse à l’idée de passer une journée dans mon jardin à livre un livre. Maintenant que j’ai expérimenté le plaisir de vivre dans un endroit qui est le mien, par opposition à un endroit qui est celui de mes parents, j’ai envie d’aller plus loin et d’avoir le pouvoir de modifier cet environnement, de m’y installer pour une durée de temps plus longue.

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(Note à moi-même: commencer à célébrer, le jour de ma naissance, l’anniversaire de ma cohabitation avec moi-même. “Joyeux anniversaire!” “Oh! Tu t’en es souvenu!”)

Lemons Are Pretty Good*

Vendredi, avril 11th, 2008

Internet, grand monde joyeux, est pourtant bien souvent incapable de fournir des informations claires et précises lorsqu’on tape “activisme” dans la barre de recherche google scroogle. Ayant tâté le terrain à plusieurs endroits de la planète, j’ai cru qu’il serait bon de fournir un petit résumé de ce que j’ai pu, en quelques jours ou semaines, découvrir sur l’activisme dans le monde.

Nous commencerons aujourd’hui avec l’Islande. L’Islande étant un minuscule pays (au moins au niveau de la population), il semble assez aisé de faire un tour d’horizon rapide. Évidemment que la liste ci-dessous n’est pas exhaustive, mais, considérant que je suis restée dans le pays exactement deux semaines, elle est suffisamment complète pour servir de base.

Le compte rendu suivant, par ailleurs, sera fait en Inglish. Why? Parce que la plupart des gens qui font des recherches ne parleront pas la langue de Proust, alors que celle d’Oscar Wilde (quizz, quel est le point commun entre ces deux auteurs?) est plus répandue. Triste chose de l’univers.

So.

Alternative Iceland
(mostly in Reykjavik, unfortunately)

The first thing I heard of alternative ways of living in Iceland was about People’s Kitchen. Every monday evening, a group of people dumpster dives around the city (they even buy stuff, sometimes) and makes a great meal for everyone that is interested in eating it. They ask for a small contribution (around 200 kroners - 2 pounds - 4 dollars) and welcome everyone that wants some food. The place where the People’s Kitchen is held seems to change every week (I heard discussions about squatting a place or trying to find somewhere where they could do it every week in order to make posters) so you’d better try to ask around or look out for posters if you want to go there, since I can’t give you a precise place.

There is also at least one cooperative cafe, situated on the main shopping street. The place is called Kaffi Hljámalind and, on top of having a wide range of vegetarian/vegan food, free wireless, free computer and a great ambiance, you can also find an anarchist library and an exhibit room there. Normally, if there is an activist event, there will be posters about it all over the place so I feel it is a good place to start. The people working there also most probably know about People’s Kitchen, for example, so you could also ask them. They also show a few times per month activist films in a room at the back of the cafe. It’s free (voluntary contribution) and really really interesting. Adress: 23 Laugavegur, 101 Reykjavik.

Since last summer, a Critical Mass has appeared in Reykjavik. It seems to die during the winter, due to crazy temperatures, but I saw a really nice poster for one happening last summer and I talked with someone that told me that they should start to plan again the ones for this summer. Again, the cafe is probably the best place for you if you want to have more information on the subject since the group doesn’t seem to have a website.

Thre is also - you can read an article about it here - Bike Punks every summer, which are people offering free bike repairing services. They have a workshop and you can just drop by and get some help with your bike. I was told that they had some funding last year but that, because they were wrongly associated with Critical Mass, it might be harder for them to get some money this year. But I saw posters for it, so, at least this summer, they will be there and alive.

When in Reykjavik, I was living in a queer and vegan friendly (among other things) communal, called Veganarchy. It can easily be found on couchsurfing (I’m not going to link people’s profiles here, but if you want more info just leave a comment) and the people living there have become very good friends of mine. Totally reccomended if you are hanging there. There is also another (and bigger) communal to which I have also been (they were having People’s Kitchen there the week that I went to it). They also are couchsurfing friendly and the communal itself has a profile that you can find here.

Reykjavik (and Iceland in general, as I discovered later) rapidly struck me as a place where there is a lot of street art. There is graffiti all around the city and nobody seems to mind (on the other hand, I was hanging out with the people that make them, so I guess that I have a biased point of view). Although I heard stories of cops coming and giving fines to people making some art, the only time when I tried we had absolutely no problem. I noticed a lot of really nice work produced by someone named Dire, and a few graphs related to a dog which, if I understood well, is despised all around the country (long story, if you really want to hear it, leave a comment). Fans, that is a place for you.

As I said earlier, couchsurfing exists in Iceland. Duh! It’s the place where it all started! I even was hosted by a guy whose friend was the very first couch-host. So, even though Iceland is a really small country, you can manage to sleep at people’s place fairly easily, at least in the bigger cities, and, if travelling during the summer, bring a tent and you shall manage to find some reasonably cheap accomodation. During the winter, having a sleeping bag is your best bet (they have “sleeping bag” prices which are cheaper), but it still will be really expensive.

To cut down on prices, which are crazy high, I also warmly recommend Hitchiking. I haven’t got lots of experience with it, but I feel that it is probably going to be the safest place where I could use my thumb. As says Hitch-wiki, there isn’t a lot of cars, but I think that the website is being a bit over-dramatic. First, it is extremely possible to hitch during the winter - I am the living proof of it, and second, it is possible to hitch outside the Ring road (road number 1 - it goes all around the country). Just keep in mind to have a kick ass sleeping bag and some food with you as you might (it never happend to me but better be safe than sorry as mummy says) be stuck somewhere overnight. Also, have a hat, gloves, scarf, lots of layers and a jacket that blocks the wind. Iceland is windy. Serious. Iceland is really windy. So be prepared for the cold, and everything should go well. I don’t know if it is because I’m a girl, or because I was pityful all alone on the road, or a combination of both, but I found it really easy to get rides. Ok, there aren’t that many cars, but, even outside the Ring Road, there is much more than one per hour. The easiest rides are from the airport to Reykjavik, since everyone that comes from the airport is going to Reykjavik, and, in fact, anywhere on the Ring Road to Reykjavik is really easy, especially during the weekends. When I hitched back to Reykjavik, the people that picked me up (in the middle of nowhere) dropped me in front of my host’s door. I was told that this happens all the time, but I still was fairly suprised.

The people I was staying with in Reykjavik introduced me to Dumpster Diving. I had already heard about it, and even tried to do some in Aberdeen, but it was the first time that I was actually sucessful. Diving seems to be really easy. I don’t know if it is because of Iceland (I live in Scotland, the country of CCTVs and security features everywhere, so Iceland seemed very laid back to me) or if I am just impressed because I am a beginner, but it is really possible and easy. Just try to look as natural as possible and nobody will ever notice anything. Also, when in need of food, I reccomend filling your pockets with Lärabar (my favourite flavour is “ginger snap”), raw vegan bars of goodness. Also, be aware that all (apart from one, which is situated in a basement just off the street that leads to the church (on which you can find my favourite independant disc store, 12 tónar (website), and the local prison - number nine) health food stores are owned by a bigger corporation. On the three health food stores that you can find on that street (which name I totally forgot), two aren’t independant. Grr.

Finally, and I should maybe have started with that, there is an activist movement called Saving Iceland that seems to be the biggest activist thing you can find in Iceland. They have a website and were holding a meeting a few days after my departure. There is also a camp every summer, starting on the 12th of july this year and ending whenever it ends. I was told that if I wanted to go there I should arrive as close as possible to the begining of the camp since all the cool stuff whas happening then. You can get more infos on saving Iceland (because I wouldn’t be able to explain what it is) and on that camp on their website.

That is all I managed to gather during the two too short weeks of my stay in the ice country. I feel that it can be a good start if you want to get involved or just want to meet people while travelling there. Also, I heard many times that Iceland in the winter becomes a bit lazy and that everything happens during the summer. I was there in March-April, and they were just waking up from their long sleep, so I might have missed a few events. Your best bet would be combining couchsurfing and hanging out in Kaffi Hljámalind, I guess, and try to go to some events. They have a really nice library there and I read my very first Emma Goldman book because of it.

I had a great great time in Iceland, and the only regret that I have is not having spent more time there. Hope you have a great one too.

Also. If you read this and you find that there are crazy horrible mistakes, I am really sorry. Please tell me! I might have explained something very wrongly or being really stupid at understanding what it is. Please please let me know and I’ll update the list. Also, if you find out about stuff that isn’t listed here, I would be really interested in hearing about it. Leave a comment and I’ll add it to the list.

This list is not official in any way. It is made out of stuff I gathered while travelling around. I cannot be held responsible for anything that these groups do that would be wrong (even though I probably will agree very much with them) nor the different groups be linked together because they are on the same list. Saving Iceland and People’s Kitchen, for example, are two totally different things and the first one cannot be held responsible for stuff that the latter would have done. Don’t be stupid guys, it’s just a list on a blog.

Comments?

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*Le titre redondant est une citation trouvée sur le frigo de mes host couchsurfing à Reykjavik. Attirée par l’absurde de la chose, je ne peux trouver rien de mieux pour titrer mes billets parlant d’Islande.

Vous savez Antoine, je me lasse vite des gens. Je m’attache à eux parce que je suis curieuse mais quand je les revois, je suis toujours déçue.

Mardi, mars 4th, 2008

En tentant de vérifier si mes cheveux pouvaient atteindre ma bouche, le goût de ma chevelure m’a soudainement projetée dans le passé, époque où je mangeais littéralement mes pelos. En plus de me ronger les ongles, je mâchouillais des mèches au hasard de mes angoisses, sans même sélectionner celles qui auraient pu être les plus appétissantes.

Puis, un jour, j’ai cessé d’avoir peur de la vie.

..

Addicted to sugar…

Dimanche, mars 2nd, 2008

… yogourt and tea.

Je réfléchis beaucoup à mon alimentation, public ému, et je me demande ce que je peux bien faire entrer directement dans mon corps, chaque jour. D’où viennent la farine, les œufs, les poires que je mâchouille consciencieusement?

La conclusion, si elle existe, n’est pas glorieuse. Je me suis donc lancée sur un bouquin de nutrition végétalienne que Neil le hippie a fièrement agité devant moi, un soir, alors que j’étais assise de l’autre côté des musiciens au Blue Lamp. Et je fais fonctionner mon cerveau, principal outil de réflexion (juste avant le savon et les mouches à feu) que possède mon moi-même.

Alors?

Le sucre. N’est pas très gentil.
Il me faut faire des recherches sur le sujet avant d’affirmer quoi que ce soit, mais il me semble bien que le sucre est cultivé dans des plantations pas très éthiques dans des pays chauds. Le sucre, délice des ventres chocolatés, est plein du sang noir des travailleurs-esclaves de pays inindustrialisés.

Le lait. N’est pas très gentil.
Directement issu du corps de ces animaux dont personne n’a envie de subir le sort [voir], le lait – et ses dérivés – ne sont certainement pas mieux au niveau des produits chimiques, de l’exploitation et du transport. Zéro pour l’environnement, lait, zéro pour le droit des animaux, zéro pour mon corps à moi. De plus, Neil-le-hippie a affirmé quelque chose que je devrai vérifier : le lait n’a pas été un ami du corps humain jusqu’à tout récemment dans l’évolution.

Les œufs?
Les œufs sont une immense énigme pour moi. N’étant pas des animaux morts, ni même des futurs animaux, leurs protéines ne peuvent être qu’un positif. Les œufs locaux de poules en liberté sont quasiment plus faciles à trouver ici que les œufs exploités, alors je doute. Est-il vraiment mauvais d’en ingérer de temps en temps? Contrairement au lait, il semble que les œufs ne sont pas des choses atroces et il existe des cas dans la nature d’animaux se nourrissant des rejetons d’une espèce différente (à vérifier), alors que les humains sont les seuls à boire un lait qui n’est pas le leur.

Le dénouement est évident.

Et si difficile à suivre. Le quasi-végétaliennisme (puisque je suis une amie des œufs), qui tente de bannir tous les sucres exploités (le miel et le sirop d’érable sont maintenant mes meilleurs amis) est plus facile à dire qu’à faire. L’affirmation signifie que le temps des produits transformés est fini et que mon alimentation doit absolument être pensée plus que quelque minutes à l’avance. Cela signifie aussi que je joue avec ma santé, le risque étant qu’en bannissant un si grand nombre de sources quotidiennes de vitamines et protéines et tous ces machins, je me rende sérieusement malade. Il s’agit donc de se renseigner, de lire, d’assimiler, et d’intégrer à mon monde un monde de légumes, noix et lentilles.

(Je repousse le questionnement à propos du thé, que je sais malsain pour la planète, les humains et possiblement mon corps. Je viens tout juste de bannir le fromage de ma vie, laissez moi une chance!)

(Par contre. Les oranges. Ce sera pas avant que je sois dans un pays où je peux tendre la main pour en cueillir.

Je sais, le jus d’orange!)