La Pologne
Curieusement, je ne l’ai pas su du premier coup d’oeil. En fait, c’était tout le contraire. Mon premier coup d’oeil, il a été pour David et son chapeau, “Hats Off To A Long Hard Ride” et je me suis dit “merde, merde, merde”. Le rose de ma chambre, les rideaux en plastique, les milliers de bières vides, “merde, merde”. Qu’est ce que je fais ici.
La Pologne, pourtant, pénètre les veines. Lentement. Après une deux couches de peinture et un sofa et des étagères et une table et tellement de vaisselle qu’il est impossible de fermer les armoires, j’ai compris que ce n’était pas les objets qui comptaient. J’ai aussi compris que j’étais follement amoureuse de La Pologne et que de quitter le vortex serait une tâche ardue. Sans jeter un regard derrière? Beaucoup trop de bonheur s’entremêle avec chacun des regards que je lui jette.
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Je vis dans un monde merveilleux. En redescendre est si inconcevable que j’ai même oublié le monde réel. J’ai même oublié qu’il y a un monde réel. Chaque jour, je le croise, perdue dans mes pensées et j’oublie de lui prêter attention.
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La Pologne is probably the worst drug you can find. It has, rightfully, been called “The Vortex” by many of its visitors. Entering the Vortex is dangerous: you may find yourself stuck in it, completely numbed by its incessant attacks on your five senses. The coulours strike at first. They are vehemently omnipresent, and each of them, posters, curtains, plates, food, change so quickly that your eye can’t stick to any. La Pologne is organic. It grows. No one ever sees the same Pologne, it changes continuously so much that the next time you visit it it’s main features may have completely changed. La Pologne is a constant sensorial experience, a game of “guess what has changed.”
Living at La Pologne is one of the greatest and of the worst thing that could be. When you have moved it, you realise that you will never manage to leave it ever again, unless you need to, quickly, go and buy some orange juice. People come to you, without you ever needing to call them, as well as adventures. So many new people go through its door, someone should keep track of it, try to keep an impression of what they were like the first time they entered the flat. And perhaps keep track of how addicted they became.
La Pologne is the greatest love in my life at the moment. It is a strenuous boyfriend, a demanding lover, one true love that explodes with passion. La Pologne is the place where I live. It is where my heart is, the cheezyest definition of home.




novembre 3rd, 2009 at 17.32
Gießen devrait être en Pologne.
Se faire arracher du vortex quand on est un de ses investigateurs/investigatrices pour tomber dans un appart avec une tv…..
La seule chose qui manque en Europe, c’est la Pologne ;)
janvier 23rd, 2010 at 11.46
Ce que je pense n’a plus lieu d’être à partir du moment où je le couche à l’écrit. Ce que j’écris n’a plus lieu d’être à partir de cet instant où la pensée ne l’a pas précédé. Et encore, il en reste, en en reste, il en tombe encore.
Mis à part la prose, il me reste à me présenter. J’suis un maigre hypocrite qui a perdu la maîtrise de soi-même. Virtuellement et réellement. C’est là que les choses se compliquent. Pourquoi je parle ici, je n’en sais rien. Et à quoi bon parler à l’écrit quand elle peut écrire à l’oral … Je n’ai plus rien à perdre. Même pas ma crédibilité. Ou mon sérieux. Ou les deux. Bref.
Ça fait bien deux ans que je ne sais plus vraiment comment je m’appelle. Mes parents m’ont donné un prénom. Je m’en suis donné un autre, cela m’a créé un nouveau personnage avec un peu plus de vitalité sur le moment. Mais le second a emporté le premier, et ils se sont tous deux enfouis au plus profond d’une cache impénétrable. Je me suis pris pour Belzébuth, j’ai cru en, à peu près, plus de cinquante divinités différentes, alternativement, en l’espace de sept semaines.J’a
janvier 23rd, 2010 at 12.03
Ce que je pense n’a plus lieu d’être à partir du moment où je le couche à l’écrit. Ce que j’écris n’a plus lieu d’être à partir de cet instant où la pensée ne l’a pas précédé. Et encore, il en reste, et en reste, il en tombe encore.
Mis à part la prose, il me reste à me présenter. Je ne suis qu’un maigre hypocrite qui a perdu la maîtrise de soi-même. Virtuellement et réellement. C’est là que les choses se compliquent. Pourquoi je parle ici, je n’en sais trop rien. Et à quoi bon parler à l’écrit quand elle peut écrire à l’oral … Je n’ai plus rien à perdre. Même pas ma crédibilité. Ou mon sérieux. Ou les deux. Bref.
Ça fait bien deux ans que je ne sais plus vraiment comment je m’appelle. Mes parents m’ont donné un prénom. Je m’en suis donné un autre, cela m’a créé un nouveau personnage avec un peu plus de vitalité sur le moment. Mais le second a emporté le premier, et ils se sont tous deux enfouis au plus profond d’une cache impénétrable. Je me suis pris pour Belzébuth, et j’ai cru en, à peu près, plus de cinquante divinités différentes, alternativement, en l’espace de sept semaines. J’ai cru en moi et me suis évanoui. Je me suis voulu mort, et je n’ai pu que sourire et continuer à marcher.
Et là , maintenant, au temps présent, qui ne veut plus dire grand chose, je n’attends plus rien. Je ne me retournerai pas, mais je me suis senti suffisamment en reste, depuis ces quatre ans de voltige … Je ne sais même plus si je mérite de poser ces points de suspension. J’ai bien le sentiment, s’il m’en reste, que ces derniers vont régir ma vie, si ce n’est la dominer. Et je ne suis même pas encore vieux physiquement. Voire même, en parfaite bonne santé. Santé que j’essaye de saper. Avant, la drogue me permettait de concevoir mes limites. Jusqu’à ce que je me rende compte que je n’en ai pas. Pourquoi en référer à l’inconnu ? Pourquoi cet article précisément ? pourquoi Internet ? Pourquoi ce passage à l’acte ? J’aime à me sentir respecté, et il me semble que je ne le suis plus qu’en rêve, et encore, quand il m’arrive de trouver le sommeil. Car les semaines sont longues, longues … Et j’suis encore au lycée.
J’ai bien tenté de me définir un style, après tout, pourquoi pas. Mais je ne suis qu’un escroc parmi les hommes. Ou juste un homme parmi les hommes. ou un homme parmi les escrocs. Ou, plus rien, puisque le concept de vivant ne s’attache qu’à partir d’une mesure extrême de profit intense de cette immatérielle nouveauté de l’âme qui apparait à la naissance. La vie, non, plus beaucoup, merci. Abandon.
Je pourrais bien sûr arrêter de penser mais ça signifierait perdre les mérites de la charte implicite que nous avons signée. Alors, quitte à redevenir un affreux, autant faire bien les choses. Puisqu’il nécessite beaucoup de courage pour bien des gens, pour lire jusqu’au bout mes bafouilles désagréables, je vais finir par un appel, alors. Mon mail existe, réellement. C’est une vraie adresse - la mienne. Pourquoi ? J’aime à parler. J’aime connaître la nouveauté. Et j’aimerais plus que tout faire perdurer mon esprit en trouvant peut-être de l’amitié.
Bien sûr, bien sûr, ça peut paraître très compliqué. Mais finalement, je ne suis ni gâteux ni borné, et je ne pense même plus à l’immoralité. Et j’ai arrêté la dure, toujours cette histoire de limites … J’espère avoir été franc. J’espère redevenir quelqu’un. J’espère y être aidé. J’espère de tout mon coeur crevé une réponse porteuse d’espoir.