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Factory

Le doigt sur le nez, trois héros se faufilent bruyamment dans la pénombre. Le paysage est apocalyptique, les tessons sur le sol rivalisant en quantité avec les bouteilles de liqueur vide.
-It feels like we’re the only ones alive after a giant nuclear explosion.
La voix brise le silence, faisant frémir la chair de poule des deux autres aventuriers. La lueur de la torche balaie les murs de brique rouge.
-Shuuu…, murmure le plus grand. I heard something.
Moment d’attente entrecoupé de mille bruits suspects. Un tapotement régulier rappelant un pas se dessine au loin. Les respirations s’arrêtent. Flottement.

**

Après les aventures de mardi dernier, je croyais qu’Aberdeen la bien-aimée allait perdre de sa saveur, devenant un endroit dont j’aurais exploré tous les mystères.

Pah!

Il semblerait que dans ce monde de magie et d’elfes, une aventure n’attend pas l’autre. Mais puisque je suis une grande fan de la chronologie, et que sinon j’oublierais des détails. Commençons avec…

**

Mardi soir.

Le mardi soir, c’est le cours de français. Neil me l’ayant sympathiquement demandé il y a quelque mois, à 18h57 chaque tuesday evening se rassemble dans mon minuscule salon une foule assidue désirant perfectionner ses talents linguistiques.

Mais, cette semaine, la foule assidue était dissipée, Ela n’avait pas vu Ellie depuis un mois, because vacances et travaux de fin de session, Neil semblait fatigué, Graeme et Annie était absents, alors Kevin le nouvel élève était le meilleur de tous, gazouillant quelque mots avec l’institutrice. L’atmosphère était loin de celle d’une classe de français, et tant pis. Alors que je jonglais* consciencieusement dans le salon, Kevin a soudainement lancé: “I would love to visit that factory** in front of your flat.”

Battement de coeur.

Quelques minutes plus tard, nous y étions. Ela partie vers son lit, Neil, Ellie, Kevin et moi grimpions le mur en enjambant les barbelés. De l’autre côté, l’inconnu de cette immense bâtisse rouge. Un paysage tant de fois imaginé se dessine, murs couverts de graffitis et fenêtres explosées. Nous avançons dans un espace vide encore illuminé par la clarté des lampadaires de la rue. À quelque mètres de nous se trouve Hutcheon Street et le monde connu. Devant nous. L’inconnu.

Ellie ayant soudainement été attaquée par une peur panique de la noirceur, Kevin la reconduit vers la lumière avant de venir rejoindre Neil et moi qui avions découvert un escalier menant au sommet d’une bâtisse. Escaladant doucement les marches rouillées, ce qui nous attend au sommet est un peu décevant. Nous décidons de plutôt explorer ce qu’on trouve au sol. La noirceur s’épaissit et la lampe de poche que j’avais glissée dans ma poche devient soudainement très utile. L’usine est fascinante, l’architecture de l’endroit rappelant souvent une vieille usine communiste comme celles qu’on pourrait imaginer en Russie. Dans un coin, nous trouvons un espace vert, épargné par les déchets, où on voit un arbre pousser dans un mur. Bonheur furtif. La nature peut encore parfois gagner.

Kevin terrifié et contagieux, chacun agrippé au bras de l’autre, nous décidons que les émotions de la soirée ont été assez intenses. Nous ressortons de ce paradis silencieux, peuplé de zombies et de mystères. Le peu que nous en avons vu étant bien assez pour nous donner encore plus envie d’y passer des heures, à fouiner dans tous les recoins et à déchiffrer tous les graffitis, nous allons certainement y retourner.

À un moment donné, pendant les cinq semaines qu’il me reste à vivre ici.

(soupir)

(le temps passe si vite)

(re-soupir)

Assis tous les trois devant la porte de mon appartement, nous répugnons à nous séparer. Les aventures de la soirée se sont terminées trop tôt, nous semble-il, quelque chose d’autre devrait se produire.

Puis, Neil parle de Dumpster Diving. Une aventure! Les yeux brillants, je lui relate ma courte et infructueuse expérience, lui confiant que je n’ai par contre pas essayé aux deux endroits les plus proches de chez moi. Sainsburys, then!, que nous décidons. Sur le chemin, après un arrêt chez Dirty Steve, le dépanneur 24h du coin, Neil affirme “It would be so great to find some Hummous!” Le méga-complexe de magasins se dresse alors devant nous, impressionnant d’artificiel et de silence. Intimidés, nous nous glissons lestement à l’arrière, et ouvrons chaque poubelle qui se trouve sur notre chemin. Rien. Rien. Rien. Derrière le Sainsburys, déception. Rien.

Le cimetière de trolleys nous captive un moment et la découverte de journaux de la veille nous rend le sourire. “The Sun contains Sudokus,” me susurre Kevin, “want to make a race afterwards?” “Of course. And I’m going to kick your arse!” Nous rentrons, toujours aussi prêts aux aventures, mais un peu moins éveillés. La nuit s’attaque à nous de plus en plus et, quand nous nous rassemblons de nouveau sur le portique, je suis presque prête à donner ma démission. Neil affirme vouloir vérifier le contenu de la poubelle devant la Coop avant de retrouver son lit et m’emprunte ma lampe de poche. Pourtant, une fois de plus, nous semblons incapable de nous séparer. “Why don’t we all go to the Coop together?” que je propose. Why not.

Coop. 2h du matin. Mes yeux se ferment tout seuls. Nous ouvrons le couvercle de la poubelle pour y trouver un paradis. Des millions de loafs (voici un mot que j’ai oublié en français. Miche?) de pain sont entassées bien sagement, entourées de raisins verts frais et de scones. Mhh. Nous faisons un festin de roi, ouvrant le paquet de scones et extirpant tout le pain que nous voyons. Heureux, nous nous apprêtons à refermer le couvercle quand, déplaçant un sac, je lançe: “Hey, isn’t that Hummous?” Lumière céleste, sourire éclatant. Neil est heureux. Très heureux. Dumpster Diving, réussi. Marchant gaiement pour une dernière fois en direction de chez moi, nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer la chance inouïe. Hummous, hein. Suffit de le demander! Câlins et séparation, Kevin grimpe chez moi alors que Neil s’en va savourer sa prise. Un concours de Sudoku (que j’ai gagné, eh) et une tasse de thé*** plus tard, je m’endors sur le divan alors que Kevin tapote les aventures de la soirée sur Aristote.

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Mercredi.

Complètement crevée après la nuit presque sans sommeil de la veille, je me traîne difficilement au travail le jour suivant. Réalisant de plus en plus à quel point ce qui était initialement la raison pour laquelle je venais en Écosse était devenu un fardeau, je maudissais le réveil, le système d’éducation et l’odeur de la décharge d’Aberdeen que nous croisions sur le chemin. Malgré tout, la journée était plutôt agréable, les pupils étant de ces machins qu’on ne peut s’empêcher d’aimer. C’est quand même avec un petit soupir de soulagement que, le soir venu, j’étais retournée chez moi dans la machine à pétrole rouge de Bobb que je n’avais pas vu depuis un bon moment. Un repas chaud (si je me souviens bien, c’étaient des rouleaux de printemps “maison”, recette improvisée et bien intéressante) dans mon bedon et la certitude de passer une soirée calme à la maison, tout allait bien.

Le bourdonnement d’Heather me tira de ma léthargie. Neets me lance: “Want to come and climb trees with Carson and I?” Bien sûr que je veux grimper aux arbres, c’est toujours mieux que de récurer des chaudrons. J’enfourche William et pédale joyeusement en direction de Seaton Park, magnifique perle où coule la rivière Don et où poussent des arbres délicieux.

Là-bas, Ela, Neets et Carson me font des câlins. Le sourire de Neets lance à Ela “let’s go and play in the playground” alors que la tête vers l’arrière je tente de distinguer Carson entre les branches. Captivée par le cyclope qui se cache dans l’arbre, je prête une oreille distraite à la progression du géant frisé. Puis, c’est hide-and-seek et plein de fou rires. Ela va se coucher, Neets et Carson enfourchent un autre arbre et je m’arrête, fatiguée et pensive, pour réaliser qu’il ne me reste plus que 5 semaines dans mon paradis. La pensée est redondante, obsédante. Le départ me déchire, me laissant un goût amer de peur et de hâte. Plus de cet emploi que je n’apprécie pas. Plus de cette liberté. L’idée me donne envie de sortir de chez moi et de vivre chaque moment encore plus intensément que le précédent. Je veux tout voir, tout vivre avant que mes amis ne s’éparpillent à chaque coin du monde et que cet unique ne cesse de pouvoir exister.

Je suis follement amoureuse de ce que je vis ici. Mais je sais que, si je reste pour une deuxième année, que si j’essaye de garder entre mes doigts tout ce bonheur, je ne pourrai qu’être déçue de la redondance d’un monde qui ne sera plus le même. Je ne veux pas partir, mais je dois le faire, pour garder un souvenir impeccable de ce monde glorieux.

Lourde de tristesse heureuse, je fais le signe du départ. Carson m’entoure de ses bras et Neets emboîte son pas avec le mien. Papotant, nous traversons le magnifique Old Aberdeen couvert de noirceur. Un arbre magique, comme tous ceux que le printemps a réveillé, fleurs aux couleurs incroyables croise notre chemin, puis la maison d’amis devant laquelle la chaîne de William s’échappe de sa prison. Un message transporte Kevin de son salon à la porte de sa voisine, Neets, et, le lit de cette dernière ayant semblé plus confortable que la douceur de l’extérieur, je me retrouve, une fois de plus, à m’endormir sur un thé° et un divan, chez l’Irlandais à lunettes.

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Jeudi.

Me levant bien trop tôt, ronchonnant parce que je dois rentrer chez moi avant de commencer ma journée de travail, je me promets de ne pas me laisser entraîner par le vice des jeudis soir et de passer une soirée calme chez moi, avant d’aller m’endormir dans le confort de mon lit. Même scénario que la veille, demi-journée et je suis de retour chez moi vers 2h. Une courte heure passée avec Lee et je rentre chez moi à temps pour repartir, rejoindre Neets à l’ouverture d’une exposition à Peacocks, une des quelques galeries d’art indépendantes de la ville. Le truc bondé et humide semblait prometteur, mais, aussitôt arrivée, je dois repartir en courant pour rejoindre Teresa qui attend patiemment devant ma porte que je veille bien faire bouillir une tasse de thé°. Il y a des siècles que je n’ai pas vu Teresa et le pap-pap de notre discussion me fait sourire. Elle, assistante de langue exemplaire, moi, assistante de langue blasée, la conversation roule sur les péripéties de nos vies respectives. Après un câlin et quelque heures, je referme la porte sur une soirée agréable. Il est 10h et l’énergie me revient. Colin, solution à tous les jeudis soir me répond qu’il est chez lui à relaxer. “Can I join you?” “You’re always welcomed here.”

Une vingtaine de minute plus tard, en grimpant les escaliers recouverts de tapis qui mènent à son appartement, je me demande pourquoi je suis incapable de suivre les plans que je me fixe. Rester calmement chez moi et me coucher tôt, hein. Pff. Une, deux, trois tasses de thé°, des balles de jonglage et plein de musique, je cligne des yeux sur le divan. Quelques heures plus tard, Colin me réveille en déposant une douillette sur mon sommeil. “I’m sorry to be such bad company.”

“You’re never bad company, Gabrielle.”

(soupir, mais un autre)

**

Vendredi.

Énergisée par le sommeil, le beurre d’arachide et le soleil éclatant, j’enfourche William pour des péripéties en ville. Le bureau de poste, le supermarché chinois et le magasin d’alimentation naturelle servent d’excuse pour des détours et des explorations dans le vent doux. Le ciel resplendit, manches courtes et pas de manteau, regarde maman j’ai même pas froid. Je trouve une dizaine de minutes pour aller enfiler une jupe et engouffrer le restant de curry préparé la veille puis je me précipite, Radiohead jouant en boucle dans ma tête, pour déposer mon sourire au coin de la rue où m’attendent Kevin et Cearùil. William est emprisonné sur son poteau, nos pieds nous dirigent vers le sud en quête de Mel Gypsum, agent coagulateur servant à la préparation de tofu maison. Pas de Mel, mais la police qui ordonne à Kevin de descendre de l’arbre où il s’est perché, via des hauts parleurs et une voiture blindée aux couleurs criardes. Un arrêt chez moi pour empoigner une boîte et la soirée workshop prévue la semaine précédente commence. Au menu: porte-feuilles, savon, tofu, beurre de soya, tahini, brownies vegan, pâte à dents et aimants. Mon savon au gazon provoque des incertitudes, la coloc saoule des frustrations, je m’endors dans un coin, en me disant qu’il y a bien longtemps que je n’ai pas rêvé dans mon lit.

Comment qu’on fait ça, du Tahini, du tofu et du beurre de soya? Faut suivre la recette, eh!

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Samedi.

La règle de Kevin le matin est plutôt intéressante: on ne doit pas se lever avant que le ciel soit devenu bleu. La température d’Aberdeen étant bien loin de celle qu’on retrouve dans le reste de l’Écosse, et les dernières semaines ayant été particulièrement souriantes, il ne nous a fallu attendre que jusqu’à 14h avant d’émerger du sommeil. Écoutant en boucle la bande sonore de Juno qui, si je continue de la faire jouer à ce rythme, risque de me donner des cauchemars, nous préparons des patates grillées en guise de déjeuner, que nous allons déguster dans le jardin à l’avant de la maison, saluant au passage tous les voisins. Je pratique mes balles, devenant meilleure chaque jour et poussant des exclamations joyeuses à chaque réussite. Un coup de fil et Kevin me demande si je veux remplacer la co-animatrice de son émission de radio, descendue vers le sud pour un lunch. “Of course!” Retardés par la cuisine, nous décidons de faire l’émission à 20h, les habituels de cette heure ayant décidé de déserter, au lieu de nous présenter au studio à 17h comme prévu. Blaguant en chemin sur le fait que, étant les derniers de la journée, nous pourrions bien rester plus qu’une heure au micro, nous arrivons à l’Aberdeen Student Radio vers 19h50 et, sans me le dire, Kevin lance le spectacle.

Ayant été avertie que personne ne nous écouterais, la radio n’étant disponible que sur internet et, première année n’aidant pas, peu populaire, je n’avais aucun stress à l’idée de parler pour la première fois dans un micro. Donna l’animatrice habituelle envoyant une pluie de messages, Kevin et moi débitant des niaiseries, le temps s’est mis à défiler sans que nous ne nous en rendions compte.

9 heures plus tard, Laurent - probablement le seul auditeur qui n’était pas allé se coucher - nous implorant de cesser notre émission pour lui laisser la possibilité de se concentrer sur ses travaux, complètement affamés et épuisés par la nuit blanche que nous venions de passer, nous lançons la seule chanson qui aurait logiquement pu être la dernière chanson de notre émission°° et fermons les micros.

9 heures.

9 heures.

Wah.

Pendant ces neuf heures, connectés à nos ramblings, des amis lointains, un peu de musique, des inconnus et quelques étudiants saouls. Un email à deux heures du matin nous annonce que nous avons été la bande sonore du pub de l’université toute la soirée et que l’auditoriat que nous croyions réduit à une seule auditrice - Donna - et les quelques convaincus par mes courriels, était finalement beaucoup plus large. Je venais de passer neuf heures à parler en anglais dans un micro (non, j’ai pas un accent écossais) alors que je prévoyais aller admirer le coucher du soleil du haut de la tour de la factory devant chez moi, ou jouer au scrabble, ou m’endormir en écoutant Harold and Maude.

Les emails d’un Theo de Hollande nous affirme que Kevin et moi are like people chatting in their living room. Intime. Peut-être. Pour moi, les moments où les micros étaient branchés n’étaient pas différents de ceux où ils ne l’étaient pas. J’ai eu. La piqûre de la radio.

Ban the Bike Bombs, ainsi a été nommé cette coupure dans le temps. Radio-nostalgie est le sentiments qui glisse sur moi depuis que nous avons fait jouer cette dernière chanson. Nous avons promis un next week qui ne se réalisera peut-être pas, et parlé d’une hypothétique émission dans le pays de Montréal une fois qu’il l’aura envahi et que j’y serai retourné. Maah. L’idée brille dans mes yeux, on verra? Si vous le voulez, - peut-être - samedi soir prochain, possiblement à partir de 20h (Écosse) - 15h (Québec) jusqu’à ce que la station cesse de fonctionner, que la faim dévore nos estomacs ou bien que nos auditeurs cessent d’exister, ma voix résonnera en ondes juste ici.

Le soleil que nous avions vu se coucher vers 21h s’étant de nouveau levé vers 4h30, c’est avec un ciel clair de 5h du matin que nous avons lancé des roches dans les fenêtres de la coloc parce que Kevin, convaincu d’être de retour une heure plus tard n’avait pas cru bon chercher ses clefs dans le fouillis de son appartement. Une tasse de thé° plus tard, enfouis sous des couvertures et étendus sur les coussins éparpillés dans le grenier, je triche aux dames avant de lancer le jeu à l’autre bout de la pièce et je tombe sur Morphée, le sleeping happiness°°° m’ayant finalement tuée.

**

Dimanche.

À 16h, après neuf heures de sommeil en briques, j’ouvre les yeux. Kevin, non loin, probablement éveillé par mes étirement, me souhaite une bonne journée. Lever lent, je déclare en regardant Heather que je dois retourner chez moi pour retrouver Graeme à qui j’ai promis de fournir de la nourriture. Tasse de thé°. Le ciel est gris et j’ai l’impression d’avoir une geule de bois. La boîte de savon dans les bras, je marche lentement vers chez moi, arpentant les rues désertées, l’estomac vide d’émotion et de nourriture. Je n’ai pas eu de vrai repas depuis deux jours, trop occupée que j’étais à vivre.

À la maison (ah, tiens, mon appart ressemble à ça!), je dépose la boîte et me lance dans la douche. Sourire, et fatigue. Graeme arrive et, enfouis dans les divan, légèrement, faisons le plein de nouvelles, pendant que la nourriture se réchauffe. Alors que j’étais prête à m’endormir, l’estomac douloureux, le brouillard extérieur et l’insistance de mon invité me convainquent d’émerger de ma paresse. Seaton Park, que je propose, désirant admirer les formes des arbres engloutis par les nuages. La marche est agréable, les rues impassibles et les visions magnifiques. Arrivés à Seaton, traversant Old Aberdeen, tombant une fois de plus amoureuse de la ville, le parc est encore mieux que je ne l’avais imaginé. Avec un Graeme impressionné, lui qui n’avais pas osé explorer la ville lorsqu’il y habitait encore, nous parcourons la verdure. Gentle stroll. La conclusion de cette semaine passionnée me fait plaisir, mes yeux engouffrant la beauté de ce qui m’entoure. Sur le chemin du retour, entrant doucement dans St-Machar Cathedral, mon église préférée, nous fonçons dans un spectacle de musique classique, chorale immense et violons tous en accord. La beauté de la chose impressionne, mais nos bâillements nous convainquent de rentrer à la maison. À demain, bon retour, je referme la porte sur ma solitude, presse “play” pour le Radiohead insistant et verse un thé° dans ma tasse. Aristote, clavier avec accent.

Fin des aventures.

Soupir.

Je suis heureuse. Ici.

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*De retour d’Islande, j’ai décidé que je voulais apprendre à jongler. J’ai donc déniché du vieux tissu et ai cousu trois balles de taille presque similaire. À l’aide d’un livre pour enfants, j’ai ensuite, en commençant avec deux balles, appris à jongler. Depuis ce temps, il est difficile de passer quelque heures avec moi sans me voir lancer des balles dans les air, avant de les échapper. Mais je progresse. Vraiment!

**Devant chez moi se dresse une immense usine abandonnée. On y produisait des carpettes, m’a-t-on dit. Quelle qu’elle ait été, l’usine provoque en moi des sentiments incroyables de curiosité et de désir. Depuis que j’y vis, je ne passe pas une journée sans soupirer en regardant les murs qui l’entourent et en écoutant les histoire de ceux de mes amis qui y ont déjà pénétré.

***Depuis que je suis arrivée au Royaume-Uni, j’ai développé une addiction profonde pour le thé. Chaque jour sa tasse est devenu mon slogan et, quand le thé n’est pas disponible, c’est de l’eau chaude que je dois ingérer.

En plus.

Kettle - et bouilloire - est mon mot préféré.

Accro.

°Voir note précédente. J’étais sérieuse!

°°Anyone Else But You des Moldy Peaches, chanson thème de Juno. Joli:


°°°Sleeping Happiness - En islandais, un mot que l’on ne retrouve dans aucune autre langue désigne ce sentiment que l’on a quand, la fatigue dépassant le stade amorphe devient soudainement une raison pour rire et sauter partout. J’ai un boost d’énergie qu’on lançerait. Les Islandais, ils disent Svefngalsi.





2 Responses to “Factory”

  1. Mariane Says:

    la liberté n’est éphémère qu’à ceux qui le veulent…

    (je ne veux pas être larmoyante, mais j’ai hâte de te faire un câlin, moi aussi!)

  2. Thierry Says:

    Vivante, il s’agit d’une chanson particulièrement douloureuse, OUAHAA.

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