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D’ailleurs, je n’aime pas les objets. Je leur préfère l’existence et le savoir.

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Un défi?

Je l’ai regretté avant même d’avoir accepté de le relever. Un coup de gant virtuel, me lance le vocabulaire fleuri de monsieur T., m’incitant à reprendre un clavier que je délaisse trop souvent pour le monde réel. Trop souvent? Bah. Les péripéties incessantes qui jonchent ma vie sont bien plus intéressantes qu’une quelconque existence virtuelle, à ce qu’il me semble. Ma famille, surtout, ne semble pas approuver cette idée, exigeant régulièrement des textes que j’ai de moins en moins envie d’écrire.

Un défi, donc. Qu’en faire?, me suis-je aussitôt demandée. Si j’ai un texte à écrire, il faut bien qu’il parle de quelque chose, non?

La question de la qualité est aussi un enjeu délicat. L’adversaire en est un de taille, un de ceux qui maîtrisent une langue magique peuplée de métaphores. Face à mon incapacité actuelle de communiquer dans ma langue maternelle, l’esprit trop encombré par ces mots incisifs d’une langue conquérante, une éruption de talent me semble bien ardue.

Mais, trop tard. Je dois produire quelque chose de littéraire, espérant une sentence favorable.

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Qu’est ce qu’il y a dans ma tête?

Il y a des noms, beaucoup, de ces trucs qui semblent plus lointains à d’autres qu’à moi. Il y a des listes, un paquet d’idée, créativité exacerbée par le désir d’ingérer du savoir. Il y a une mixité de désirs, physiques et intellectuels, de questions et de conclusions qui se forment peu à peu.

Il y a aussi des souvenirs, et des désirs impétueux de chausser la route vers l’inconnu de ma destination. Tout droit et à gauche, soudainement, sur cette route abandonnée. Tel est le plus beau des voyages.

Il y a des réalités, aussi, entre deux rêves. Les réalités sont les morceaux choisis, souvenirs magnifiques d’une existence improbable.

Hier soir, un moment intemporel. Moment [n.] intemporel [adj.]: Épisode de plénitude situé dans une étendue de temps qui, ainsi, perd son importance. Un moment intemporel provoque toujours des exclamations concernant la vélocité du temps qui passe. Remarques banales.

Le moment intemporel d’hier soir n’était pas plus intemporel qu’un autre. La machine Heather avait tchip-tchipé de surprise à la réception de l’invitation d’un ami étendu dans un parc. Plus tard, avait été ma réponse. Le plus tard venu, entré en coup de vent sans même cogner à la porte toujours ouverte, pétrissant mes épaules rigides, l’ami avait suggéré. Quinze minutes et plusieurs briques plus tard, le feu vrombissait joyeusement dans les dernières lueurs du coucher de soleil mauve. Le gazon du jardin venait d’être coupé et les odeurs se disputaient cordialement une place dans nos nez. Au même instant, profitant de notre inattention, le moment intemporel avait piétiné le tapis vert et s’était infiltré délicatement dans un coin de la couverture. Crépitement, silences et guimauves, en plus des étoiles qui s’étaient jointes à nous. Les moments intemporels étant de ceux qui ne peuvent se décrire, nous laisserons ces évadés du présent en paix.

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Je répugne de plus en plus à partager le contenu de ma vie idyllique avec un monde qui n’a plus rien de tangible pour moi. Les réactions d’incompréhension que je reçois face à ma mise en doute de l’existence même des gens qui impriment des mots sur ma rétine est, on me dit, insultante. Pour ma part, je trouve plutôt surprenant que la mienne d’existence ne soulève pas plus de doutes. Personnage invisible d’une existence passée, suis-je vraiment réelle?

Le personnage inconnu de cette histoire, monsieur T., est maintenant appelé à l’avant-scène. Son irréalité le rendant quasiment tangible, nous pourrons ici interroger ses souvenirs enfouis. Quels sont-ils? L’histoire est banale, lointaine. Un front dégarni, une ligne d’attente et l’imagination de nos héros. Résultat: huile et zouip.

Le souvenir se relie au monde réel avec la rencontre d’un de ces oeufs humains. L’amitié instantanée et la présence d’huile étaient les ingrédients parfaits pour la réalisation de ce rêve. La conclusion décevante ne perd rien pour attendre. La prochaine rencontre, et les suivantes, seront autant d’occasions de tenter l’expérience.

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Défi relevé?

À ton tour.





5 Responses to “D’ailleurs, je n’aime pas les objets. Je leur préfère l’existence et le savoir.”

  1. Thierry Says:

    J’ai souri, puis j’ai écrit, et j’ai plus souri.

  2. Thierry Says:

    Oh, tu l’a relevé, Dame !

  3. Thierry Says:

    … et tu es libre, Gaby? J’ai chaud de ta liberté !

  4. Thierry Says:

    Et qu’est-ce qu’il y a dans la mienne, depuis que l’avenir est si loin …

    Je crois rester civil en disant que le Capitaine Haddock fait chier, qu’Astérix fait chier, que les chiens perdus font chier …

    Une obsession dégoûtante pour ce qu’il n’a pas, le dépit de voir que d’autres l’ont, et, en fait, la sainte horreur d’être tangible. Il ne veut pas être tangible. Veut appartenir aux idées, incarner en lui-même cet idéal citronné des grandes libertés. Mais non, il est latent que si l’on palpe, il y a le chaud, le froid, le frémissant et que lui, bouddha des navets, éructe en tout sens ce qui lui donne une réalité bien mieux qu’en offrant sa peau.

    Il tricote sous spot le tableau de laine de son verger cordé, maltraite l’essence de ses pommes et, finalement, définie trop clairement ses « bah, quoi? ». Narcisse se mire dans le fleuve tumultueux des idées, qu’il détourne sciemment pour un public indigent déjà lesté du poids de sa propre essence. Mais bon, embarqué, autant voguer ; vers la « deuxième étoile à droite », le spectre lumineux qui l’ébloui, mais dont il discerne les formes. Un bientôt de désinvolture et d’un bonheur suivi et partagé, cet été déjà, la route puis les nymphes, le retour, début, liberté, tranche de pain brun et puis la route de terre des folles équipées. Et là, maintenant, Brand new key de Melanie, tout un cirque! Pouf, j’ai mal de pas tout comprendre. Tout va si [lentement/vite]!

    ***

    je ne voulais pas mettre ce message sur mon blog … trop sombre, j’aimerais me joyfier. Ça t’ennuie que je te le laisse pour un ptit temps?

    ***
    … et maintenant, n’est-ce pas, plus du virtuel; je laisse mademoiselle Gabrielle (clame-je) à ses oignons verts qui sentent le gazon et à nos swiips Werber. Tu es ailleurs !

  5. gwenaelle Says:

    je te leve mon chapeau

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