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Archive for janvier, 2008

V pour viande

Dimanche, janvier 27th, 2008

Au commencement, il y a la naissance d’un animal. Veaux, poussins, agneaux, tout droit sortis du ventre de leur maman.

Puis viennent les humains.

Piqûres, pour commencer. Contre les maladies, probablement, pour calmer le nouveau-né confus. Pour le faire grandir plus vite, aussi. Et la nourriture, mélange synthétique et redondant, parfois même issus des corps d’autres animaux morts. Bourrée de médicaments, elle aussi. Puis la prison, cage, étable où des centaines de ces petits et plus grands sont entassés dans une atmosphère artificielle, lumière contrôlée, espace restreint. Peur, souvent, panique panique. Rien de tout cela n’est naturel, possible.

Ces bâtisses, démesurés, pleines des cris de ces êtres entassés, immenses blocs de béton gris posés sur un sol magnifiquement gaspillé, puant, bruyant. Et polluant. Déjections des prisonniers envoyés dans les cours d’eau, émissions de gaz à effet de serre, autant pendant l’utilisation que lors de la construction d’une super-porcherie ou d’une cage semblable. Monstrueux bouton qui envenime l’odorat des populations avoisinantes.

Puis, transport. Empilés dans des immenses camions, vivants, ballottés de la prison à l’abbatoir. Dans les rues, les cyclistes ébahis entendent les cris d’horreur poussés par les cochons aux voix humaines provenant du camion arrêté au feu rouge. Frisson. Camion pouf pouf, pétrole, embouteillage. Abbatoir. Mort. Humains, tuant ces animaux à la centaine. Chop, chop, longue journée de travail, chérie je suis à la maison. Massacrer des animaux de 9 à 5.

Transport, encore, vers la boucherie du supermarché. Verrue de béton encore plus immense, entouré de voitures, bombes individuelles, musique insipide, lumière artificielle, paniers pleins. En solde! Nouveau! Saveur améliorée! Découpage en petits morceaux rouges, plastique, réfrigérateurs géants. Formes amusantes, couleurs vives. C’est quoi ça maman? Un bœuf, je crois. Ah non, un agneau. Bouffe synthétique.

Dans l’assiette, médicaments, souffrance, peur, coincés entre deux veines. Steak bleu, merci. Gavez-moi de chimique!

Miam miam.

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(wow, épeurant de sensationalisme)

‘comment changer les vitesses sur le vélos’

Mercredi, janvier 23rd, 2008

a la personne qui a tape ca dans google:
jai pas eu le courage de ladmettre pendant tres longtemps, alors bravo. mais quand on lapprend, soudainement, ca devient tres logique. courage!

(truc: gros chiffres, petites cotes. grosses cotes, petits chiffres.)

D’en haut

Mercredi, janvier 23rd, 2008

Ehm, dites moi, pourquoi est-ce qu’il faudrait payer pour voir la ville d’en haut (n’importe quelle ville, celle que vous voulez), alors que les hôtels de gens riches et qui aimeraient être célèbres offrent des ascenceurs, parfois panoramiques, qui mènent jusqu’à une jolie vue, gratuitement. En plus de voir aux alentours, on a le plaisir du un peu interdit. Wouh.

(Truc du voyageur pas riche numéro un)

Heroin

Dimanche, janvier 13th, 2008

Qui a vu Trainspotting ici, on lève la main.

Trainspotting, pour les autres et ceux qui ont oublié, est un film écossais (youp, et ils en sont fier). Représentant une réalité semble-il réelle du pays carotté, l’héroïne, Trainspotting est un de ces films que j’aime. Un bon film, qui donne – évidemment – envie de ne jamais approcher une seringue.

Tout ça pour dire que l’Écosse, incluant Aberdeenshire et Aberdeen, est touchée par un problème d’héroine. C’est la drogue la plus courante ici, en compagnie du pot, of course, que les gens que je fréquente font souvent venir du Québec [le pot, eh!] parce que c’est bien moins cher et bien meilleur là-bas. Oh well. Peterhead est un endroit à éviter pour tous ceux qui ne croient pas aux vertus de [insérer ici surnom de l’héroïne] et le film sus-nommé se déroule à Édimbourgh (même si je n’ai personnellement pas expérimenté la présence d’héroïne dans la capitale).

Ceci étant dit, et en ne voulant alarmer personne (je crois qu’il n’y aurait pas de quoi), voici une anecdote.

Une semaine ou deux derrière moi, rentrant à une heure somme toute raisonnable d’un party un peu ennuyant ou je n’avais, malgré mon féroce désir, pas dansé jusqu’au bout de la nuit en compagnie de mon pourtant habituel partenaire de boogie, Colin le seul et l’unique (inoubliable Colin), je fus frappée par l’atmosphère de pas comme d’habitude qui rôdait dans l’escalier qui menait à mon troisième étage. La porte principale du bloc n’était pas fermée, comme toujours, et les graffitis de l’entrée avaient presque totalement été effacés par la peinture rose qui les recouvrait, mais quelque chose flottait. Un paquet de papier d’aluminium traînait au pied des marches et aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Enfin. Marches montées, arrivée presque devant ma porte, dernier palier. Devant moi, étendu dans l’escalier, un jeune homme totalement défoncé. Héroïne, que je conclus rapidement, ayant enfin compris l’indice métallique.

Aucune panique, en fait. J’enjambe le corps en me demandant si je devrais téléphoner à la police. Pour leur dire quoi, ils doivent en entendre souvent des cas d’héroïne. Et la police, elle peut faire quoi de bon pour ce mec pas dangereux? J’entre dans mon logis, ferme la porte à clef et observe par le judas le héros de l’histoire se relever péniblement, probablement réveillé par le son de mes pieds, ramasser ses possessions et quitter mon champ de vision.

Trainspotting et la réalité, tout d’un coup.

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Dans un tout (mais vraiment tout) autre ordre d’idées, il peut être intéressant de contempler la pluie d’insultes que je reçois depuis quelques jours sur ce billet-là. À mon grand désespoir, il s’avère que je ne suis pas une vraie emo. Me reste plus qu’à me suicider.