Zwing
Mercredi, décembre 19th, 2007Roulant allègrement sur cette rue achalandée, aujourd’hui, je me retrouvai devant une file de voitures arrêtées à un feu rouge. N’écoutant que mon courage, je commençai à zig-zaguer à travers les bombes roulantes afin de me rendre le plus loin possible avant de devoir cesser ma progression. Le pire arriva et je fus bloquée derrière une immense maison roulante, totalement incongrue dans ce paysage gris qui est ma ville. Me glissant dans la voie de droite, puisque je désirais tourner à droite, derrière le winnebago, je fus soudainement interpellée par un, deux, sept, un million de coups de klaxons provenant du conducteur de l’immense voiture arrêtée derrière moi. Décidant d’ignorer celui-là autant que tous les autres connards qui ne savent pas retenir leur impatience d’aller écouter X-Factor et bien convaincue de ma légitimité, puisque anyway osti de cave y’a personne qui avance en ce moment, je peux certainement pas bouger, je restai bien ferme sur mon siège, Dennis William-le-rayé pointé vers l’est. Profitant d’un mouvement initié par le château roulant immobilisé devant moi, j’avaçai Will avant de stopper de nouveau. L’homme furieux derrière moi profita de ce déplacement pour venir frapper plutôt violemment la roue arrière de mon vélo, afin de me signaler sa présence haineuse. Me retournant enfin, je pus voir une voiture de riche, habitée par un middle-age en complet veston qui me faisait des signes peu équivoques. Gardant un sang-froid factice, je lui envoyai la main en une vaine tentative de paix et replaçai mon cou dans sa position originale. Boum-boum, ça faisait en dedans, alors que j’imaginais comment cet enragé pouvait réagir, étant assez malsain pour venir frapper ma roue arrière alors que je ne faisais de tout évidence rien de mal, si la situation perdurait. Allait-il me rouler dessus, ou sortir de son auto pour venir m’écraser le nez?
L’histoire se termine alors que j’embarque sur le trottoir et m’éloigne le plus loin possible de cet infect individu et de son auto vide. Sa bombe roulante, complètement vide, autant de passagers que d’intelligence, est bien loin lorsque je pose le pied sur le sol, devant la boutique où j’allais achter du Haggis végétarien pour Noël.
Mais mon cœur boum-boume encore lorsque je repense à l’épisode. Je me suis peut-être déshabituée des péripéties montréalaises, m’amusant sur les routes quasi-campagnardes de la troisième plus grosse ville d’Écosse. Les connards se font plutôt silencieux par ici, et je pense parfois à mon retour dans la métropole. Je serai terrifiée, les quelques premiers jours de mon retour, et certainement encore plus dangereuse que je ne le suis déjà .
J’aurais aimé pouvoir lui donner un câlin.
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Il me semble que toute pente descendante est un défi. Va plus vite, roule roule. Pleurant à cause du vent et pédalant autant que je peux, je relève à chaque fois.



