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Incroyablement, on s’en remet.

Les premiers temps sont terriblement excitants. La nouveauté, partout. Dans les papilles, dans les narines, dans les oreilles et dans les yeux, surtout. La mer salée, sa froideur, toutes les textures de cette plage mince. Mais c’est la rencontre avec tous ces gens qui donne une sensation si intense de liberté. Car tout ce qui est nouveau semble toujours plus intéressant. Chaque événement prend une saveur nouvelle, une intensité particulière, le brillant non encore terni de la nouveauté. Tous ceux qu’on croise sont encore vierges de jugement. Les gens sont beaux, gentils, souriants. Comme dans une contrée en sucre, aux maisons multicolores et aux gens dansant dans les rues.

C’est la lune de miel, cette époque, parce que on est amoureux à chaque instant de tous les petits détails (détaux!) de ce qui est si nouveau. Nos nouveaux amis nous semblent tellement mieux que les anciens, n’étant pas encore souillés de toutes ces gaffes que les vieux ont faites, n’ayant pas encore eu le temps d’être parfaitement eux-mêmes, dans leur beauté et leur laideur. Les jugements s’erronnent, les connexions se confusent. On est emporté par un tourbillon de nouveau et d’amélioré. Comme dans un parc d’attraction où les couleurs, les sons se mélangent pour former un brouhaha dans lequel on n’a pas le choix de s’amuser.

Et puis, les habitudes. On commence à voir, à connaître. À reconnaître, surtout. Ces gens si merveilleux retrouvent un caractère humain, pas nécessairement mauvais, seulement moins divin. Cette plage extraordinaire s’avère à être située juste à côté d’un parc à touriste, la température si sympathique s’avère être chiante. Ou pas, en fait. (nah, je voue un amour profond et sincère pour la température)

Mais ces habitudes qu’on a prise commencent soudainement à peser. La vraie personne, derrière le masque de l’excitation se pose des questions. L’éphémère devient désagréable. Un besoin d’intellectualisme, de savoir, de discussions pendant des heures dans un endroit plus proche du parc que du pub. L’alcool, tout cet alcool dont tous sont imbibés. Certains détails, finalement. Un courriel reçu. Une discussion avec un écran. Une chanson, souvent.

Et ça y est. Ces amis, ces vrais amis, ceux laissés derrière. Ceux qui ont réellement vécu des choses. Des amis choisis, sélectionnés. Ceux qui ont une personnalité réellement compatible. Ceux à qui on dit “je t’aime”. Et on le pense. Ces amis, ils reprennent de leur texture.

Le danger est là, en fait. On devient mélancolique, passant des heures devant cet écran si désagréable à tap taper sur le clavier. Conversations commençant par “Tu me manques!” et se terminant par des mots d’amour répétés. On se met à comparer, à préférer ce semblant d’existence aux gens réels.

Et on souffre, physiquement. De ne pas pouvoir toucher, surtout. Mais aussi de ne pas voir, réellement, sous toutes ses coutures, cet ami qu’on aime. De ne pas pouvoir laisser le silence s’installer, parce qu’un silence à travers une caméra, c’est toujours troublant. On souffre parce qu’on ne peut pas le serrer dans nos bras pour exprimer en un seul contact tout cet amour qu’on ressent.

Alors on espère. On espère, on se demande si on peut compter les jours. Compter les jours, mais pour quelle date? Et si je décide de ne jamais revenir, tu vas venir me voir, toi? Oui, mais quand? On désire plus, parce que les Kettles n’ont pas le même goût quand elles sont mangées seules, parce que les références douteuses ne sont pas drôles quand personne ne les rit (sooo, wafoulous?), parce que les étoiles sont assez nombreuses pour plus qu’une paire d’yeux. On veut exiger de ces gens une présence, mais, eh! c’est moi qui est partie, ils ont pas à venir me voir. Et ça coûte, et c’est loin. L’Écosse?! L’autre bout du monde, un océan et un pays.

On a envie d’expliquer ce sentiment d’absence. Ce sentiment que rien rien ne peut être fait pour combler ce vide. Métaphore de rupture amoureuse, mais avec vingt personnes à la fois. On reste chez soi, parce que ceux dehors ne sont pas ceux qu’on veut. Notre corps, le corps entier! réclame réclame. L’esprit aussi. L’être.

La conclusion, bah. On se remet toujours d’une rupture amoureuse. On doit sûrement se remettre d’une si grande distance.

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Bah oui, on dit “Homesick”, en langue indigène.

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(texte qui n’est plus d’actualité)





5 Responses to “Incroyablement, on s’en remet.”

  1. Laurent Says:

    aha!

    So… wafoulouss?

  2. Mariane Says:

    Ah non?
    Tu l’as écrit quand alors?
    Donc, si je comprends bien….
    Tu ne t’ennuies pas de moi?
    Tu ne m’aimes plus?
    Tu ne veux plus de moi?
    Je viendrais pas, debord!

    Luv’ya! :D:D:D

  3. gwenaelle Says:

    indeed

    but as a good friend, you should be HAPPY for me that I found people that are nice and cool and that they make me feel better.

    et t”as déjà ton billet d’avion..!

  4. anon Says:

    i think i’m one of these wonderful new friends!… but i’m not sure. i will live in hope.
    Aberdeen loves you.

  5. gwenaelle Says:

    you are.

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