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Meanwhile

Au départ, il y a le coton. Les champs de coton à perte de vue, modifiés génitiquement, tuant la terre parce qu’une seule culture à la fois, c’est vraiment pas bien pour le sol qui a besoin de répit et de variété. Monoculture. Du coup, lorsqu’il y a une variation sur le marché du coton, à New York, tout le village, la région où pousse ce coton est mise sur la sellette et chacun dans sa maison attend que le prix ré-augmente, ou se stabilise. Parce que, tsé, le souper des cultivateurs dépend de l’argent qu’ils feront avec ce coton.

Puis, il y a les tonnes et les tonnes de pesticides nécessaires pour que les insectes, habitués à la longue aux doses plus faibles et n’ayant plus aucun prédateur naturel, ne détruisent pas ces récoltes.

Puis le tracteur, qui fait les récoltes. Inhumain. À essence. Pout pout pout.

Puis le camion, qui vient chercher ce que les machines ont cultivé et empaqueté, pour les transporter vers un lieu x, probablement un autre pays. Le cas échéant, on ajoute l’avion ou le bateau au camion. À essence, encore. Des kilomètres à parcourir.

Puis l’usine où des travailleurs et des machines, les premiers sous-payés, sous-vivants, les seconds inhumains, travaillent. Conditions de misère, pour transformer le coton en tissu. Teinture toxique, déversée dans les rivières et les poumons des travailleurs. Machineries lourdes, faites de métal, consommant de l’électricité, produites (machine et électricité) on ne sait comment.

Puis le camion, encore, transportant le tissu de l’usine où il a été fabriqué à l’usine où il sera transformé. Si c’est la même, tant mieux, moins de camion et d’avion. Sinon, on ajoute encore au kilométrage. À l’essence.

Puis la seconde usine, machines et esclaves. Coupe, coud. Au final, un chandail, un pantalon.

Puis encore un camion et un avion, qui transporte le produit fini dans un pays du nord, là où il y a de l’argent.

Puis l’arrivée dans un centre d’achat. Bâtisse de béton immense, construite sans aucun respect de la vie, sur des terres bonnes à la culture. Du béton, des néons, rien de naturel, tout ce qui peut s’aligner contre gaïa. Et des gens sous-payés, encore. Des petits commerces obligés de fermer, des gens perdant leur emploi, trop petit, pas assez de profits, le grand magasin l’offre à 10$ de moins.

Puis le client, venu visiter le centre d’achat en voiture, seul ou à deux. Autoroutes, essence, solitude dans une grosse machine, accidents de la route, urbanisation axée sur l’auto, pollution sans arrêt, haine, stress [etc.]. Stationnement intérieur, sur des terres arables, en béton.

Puis le client achète, encourage toute cette chaine. Donnez moi de l’exploitation, c’est 10$ moins cher!

Et, à ce moment, le client, environnementalement conscientisé, en tendant un billet vert ou, probablement, une carte de plastique, répond à la caissière zoombie: «non, je ne prendrai pas de sac.» Il retourne chez lui, fier. Recycle l’emballage, l’étiquette. Et s’affiche glorieusement avec la marque qu’il vient de financer, clamant haut et fort: «je suis un meilleur humain que toi, je porte une marque et je ne prend pas de sac»





5 Responses to “Meanwhile”

  1. gwenaelle Says:

    Ne prenez pas de sac, oui, merci.

    Mais aussi, demandez vous si vous avez vraiment besoin de ce que vous achetez. Si vous auriez pu l’acheter ailleurs, dans un endroit plus éthiquement et environnementalement convenable. Ou même. Auriez-vous pu le fabriquer vous-même?

    Et, surtout, agissez. Parlez-en. Impliquez-vous.

  2. Christian not Christian Says:

    Des fois, malgré l’exploitation humaine, ce n’est pas du tout moins cher pcq on a imprimé un logo quelque part sur le vêtement. On achète plus de vêtements, on achete une étiquette, un standing. Alors, refusez d’être aussi des panneaux publicitaires! Laissez faire le Swoosh (http://en.wikipedia.org/wiki/Swoosh) et lisez No Logo de Naomi Klein!!! ;)

  3. Andy Says:

    Aaaah je suis heureuse de voir une réponse aussi jolie aux “C’est djà ça” en parlant des sacs réutilisables.
    (par jolie j’entends pas nécessairement une démonstration steak-blé d’inde-patate (je veux dire figée et plate) de liens entre les actions…).
    Entk j’me comprends.

  4. Mariane Says:

    t’as enfin fait ce post :)

  5. Christian not Christian Says:

    “… agissez. Parlez-en. Impliquez-vous” et écoutez les cours de philosophie de Michel Onfray à l’université populaire de Caen, à partir de lundi 13h00 sur France Culture: http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/avenir.php… Désolé pour la “récupération” que je viens de commettre à l’égard de ce thread :P

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