Reconstruisons!
Ce matin, je m’ennuyais. Comme l’an passé, je me retrouvais à la fin de quelque chose de gros et je n’avais devant moi que des expériences nouvelles à attendre patiemment dans mon quotidien gris. Je ne déprimais pas, je m’ennuyais. Chaque sentiment que je vivais était déjà -vu, déjà -vu, déjà -vu.
J’ai passé une journée assez sympa, main néanmoins redondante, à vomir un essai sur l’opinion publique lors de la crise d’octobre. Encore là , déjà -vu. J’aurais du choisir un sujet que je ne connaissais pas. Appât de la facilité.
Je me suis ensuite retrouvée dans un buffet de nourriture « Indienne » (j’ai des doutes sur la salade césar et les éclairs au chocolat) avec deux personnes plutôt déplaisante, une plus Moi-Je que je ne penserai jamais être, l’autre qui ne parvenait pas à faire le contrepoids, ainsi qu’avec l’Homme Que Je Vénère (mouar mouar).
Après ce souper terminé, il était prévu de retourner chez moi avec l’Homme Viril et de se vautrer devant mon écran cathodique dans les résultats de l’élection en cours. Mais ce dernier étant collectionneur de vêtements sexy de femme obèse (hum.), je fus traînée de force dans le sex-shop qui étalait sa sex-shopitude en face du restaurant. Après avoir bien rigolé devant les souliers trop haut, nous réalisâmes que la radio de l’endroit pervers éructait les nouvelles de Bernie (un autre!) D., le maître du « Si la tendance se maintient. » Écoutant les chiffres dérouler entre deux noms et partis politiques, nous découvrames alors que Jean Charest n’était pas élu (nouvelle qui fut dénoncée plus tard par un écran géant) et que le prochain gouvernement serait Libéral minoritaire. « Ah bon! » de s’exclamer la vendeuse blonde qui jouait dans ses cheveux [/stéréotype] et qui venait de nous affirmer que l’annonce avait été faite d’un gouvernement adéquiste. Après s’être bien marrés devant les porte-jarretelle, les huiles à massage et les coupons de pipe, les élections radiophoniques commencèrent à nous ennuyer et nous votâmes l’exitation du magasin à l’unanimité.
Marchant d’un pas soumis mais alerte en direction du métro, nous croisâmes la rue Saint-Laurent et son Club soda.
Bon, comme ça, ça peut ressembler à pas grand chose. Le Club soda, c’est rien qu’une salle de spectacle et bla bla.
Mais tu me connais, public en délire, et je ne te raconte jamais des histoires plates. Si je te parles du Club soda, en l’occurence, c’est parce que quelque chose d’intéressant s’y est produit. Genre un meurtre, un billet de loterie gagnant, ou une soirée électorale du Parti Québécois.
Avec l’Homme Aux Cheveux De Fée, nous frétillâmes comme des jeunes demoiselles, nous interrogeant du regard: y aller ou pas? C’est pas tous les jours qu’on a la chance, en sortant d’un sex-shop, d’aller écouter les résultats du scrutin (j’aime bien ce mot) du jour en direkt avec les perdants. Conscients d’y être intrus, nous nous introduisimes quand même dans ce temple du bleu, en faisant bien attention de ne pas mentionner que notre vote était allé à un autre candidat.
C’est à la soirée électorale péquiste que nous allions, public délirant et inattentif. Le PQ. Èl paï-ku. Le Québec Libre, et tout le machin.
Devant un immense écran géant, où une main divine mais inconnue se chargeait de changer les postes se tenaient des fans en délire (comme toi public) de l’idée péquiste. Des visages longs qui témoignaient du grand malheur que devait maintenant vivre le Québec à cause de sa bêtise électorale. Des gens qui pensaient que dire «Les québécois veulent un meilleur investissement dans l’industrie aéronautique, leur vote en témoigne» est une chose tout-à -fait normale. Des gens pour qui scander « Le Québec un pays » à tout bout de champ, ou bien d’applaudir dès que l’écran mentionnait positivement le nom de leur parti est un summum de patriotisme.
À l’arrivée d’André B., l’Hommes Aux Dents Splendides, notre instinct patriotique s’est enfin soulevé. Affichant fièrement mon nouveau macaron « Étudiant, négligé par Charest », donné par un mignon BCBG péquiste, je me sentis d’attaque, l’Homme à mes côtés, pour tenter d’atteindre la main, la peau, le tissu du chandail, la sueur du Magnifique A., mon idole. Malgré tout, je n’étais pas la plus convaincue: des demoiselles ébranlées pleuraient de joie devant tant de splendeur.
André B. étant trop Big pour moi (même si je suis déjà passée à la télévision et à la page A8 de la Presse, quand même), je ne pus atteindre Son Corps. L’Homme Aux Cheveux De Feu Blond eut plus de chance, et put m’affirmer que « André Boisclair a des grosses mains ». Mais c’était le début du discours et non pas le moment de rigoler. Il fallait pleurer, écouter avec ferveur, applaudir au bon moment et omettre les erreurs de syntaxe et de synonymes du Chef. Consciente de l’importance de mon rôle, je m’y mis religieusement, ce qui me valut l’infime honneur d’être filmée pendant au moins 20 secondes par TVA et son hélicoptère (non, ok, pas l’hélicoptère), mon splendide foulard pashmina bleu contrastant souverainement (comme dans souveraineté) avec le blanc de mon chandail (et cachant bien à propos le logo d’équiterre qui y figurait).
Après l’enlevant discours commis par ce si grand Homme (André B., pas l’Homme Aux Cheveux) et les regards que se lançaient la faune journalistique entourant la foule larmoyante, ce fut le moment pour les candidats élus de monter sur scène eux aussi. C’est dans ces circonstances que je sentis ma taille empoignée par deux mains fermes, pleines de leadership, d’expérience, de souverainisme, de respect de ses électeurs, etc.: les mains de Louise Harel, la Femme Aux Cheveux Blancs Et À La Frange (moi aussi j’ai une frange on est pareilles c’est mon idole!!) qui tentait d’atteindre l’enviable espace surélevé qui meublait la salle. Incapable de résister, je permis à la Femme Magnifique de l’atteindre en me soumettant à son autorité, la forme de ses mains me brûlant les flancs. Son sourire resplendit aussitôt à côté de celui d’A. mon Dieu.
Les photographes ayant longuement photographés, et les caméramans caméramés, le Chef put enfin descendre de son piédestal où il nous avait inondé de visages contrits pour refendre la foule et atteindre la sortie. Dès ce moment, le spectacle était terminé et la principale préoccupation des gens fut de quitter la salle. Mais l’Homme Fougeux et moi sommes rebelles. Niant l’existence d’une ligne immense de reconstruisons-notre-régionnistes qui tentaient d’atteindre leurs vêtements chauds, nous envahimes les tabourets reconstruisons-notre-environnementistes et adoptâmes l’air malheureux des gens reconstruisons-notre-santéonnistes qui nous entouraient (nous avions décidé de nous pratiquer à avoir l’air triste pour « mieux fitter dans le décor »). Nos mimiques étant d’une rare vérité, une journaliste d’une quelconque radio anglophone s’y laissa prendre et conçut l’idée que nous étions de fidèles reconstruisons-notre-éducationnistes. Découvrant avec joie nos capacités anglophoniques, elle s’empressa de nous questionner à propos de notre chef, de nos déboires électoraux et de notre conviction par rapport à un futur meilleur pour notre parti.
Sauf que j’ai voté QS.
Nous mîmes alors tous nos efforts à mentionner que la Souveraineté devrait être la Bataille numéro un de notre Parti, que l’environnement ne devait pas prendre une aussi grande place puisque le Québec ne pourrait pas agir tant qu’il ne serait pas un Pays, que nous pensions que cette soirée était une défaite pour notre Parti puisqu’il n’était même plus l’Opposition Officielle, bref nous prîmes cette entrevue à coeur. Nous quittant enfin après un dernier regard confus, la journaliste nous permis de laisser libre cours à notre hilarité. Cette soirée, qui donnait tous les signes d’une soirée ordinaire, avait pris une tournure plus extrême que nous aurions pu penser. Après quelques minutes d’attente et des chuchotements amusés (nous tentions de garder profil bas: qui sait ce que peut faire un péquiste pas content), nous partîmes en quête de nos manteaux que nous atteigâmes rapidement.
En retour, incapable de taire notre hilarité, nous captâmes l’attention d’un fan d’André B. (le macaron home-made qui ornait son manteau était une preuve suffisante) qui décida de disserter avec nous. À notre grand soulagement, son lit résidant au métro Sherbrooke, nous eûmes à acquiescer que quelques minutes à son babil motivé. Éreintés par notre aventure politique, notre esprit se tût jusqu’à ce que nous arrivâmes à notre lieu de vie. Notre séparation fût déchirante et les pleurs déboulaient encore mes joues lorsque je rencontrai la Femme Aux Mamelons dans l’autobus. Cette rencontre, d’une quelconquité alarmante, eut pour effet de calmer mes sanglots et je pus rentrer en paix chez moi.
Sinon, aujourd’hui c’était l’anniv’ de Max.
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Votre vie ne peut passer à côté du thème musical du PQ dont nos oreilles ont été arrosées toute la soirée.




mars 27th, 2007 at 10.54
*apparaissant auréolé de lumière quasi-divine*
Il nous apparaît important de mettre au clair certains détails de cette interprétation des faits réels.
Tout d’abord, la raison d’entrer dans le Temple du Zig-a-Zig-Haa n’était pas du tout par perversité mais bien par curiosité. Cette mésinterprétation des faits démontre bien la nature profane de cet évangile.
Sachez aussi que si nous avons pu serrer la main de la Grande Divinité de la Souveraineté, ce n’est pas par chance, mais bien par volonté, par détermination, par persévérance et par courage brut (c’est-à -dire grâce à quatre synonymes).
*lumière s’éteint*
Merde, t’écris bien mieux que moi, c’est pas juste!
*va bouder dans un coin*
mars 27th, 2007 at 10.58
quoi, le seul chialage relève du fait que je te présente comme un fanz de grosses madames?
pff.
la curiosité, c’est ben trop dull comme raison.
mars 27th, 2007 at 10.58
lol temple du zig-a-zig-haa
mars 27th, 2007 at 18.13
Reconstruisons… “QUELQU’UN LE CONNAÃŽT??”
mars 27th, 2007 at 18.30
pas comprendre
mars 27th, 2007 at 21.00
niak
ça devait être drôle
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by the way, beau texte
mars 27th, 2007 at 22.16
Vraiment beau post je devrais me forcer à écrire des belles choses de la sorte…
Je tuerais pour voir votre entrevue.
d’ailleurs tu savais qu’un mec du cégep veut déstituer Laurent pour y avoir été…lol
avril 1st, 2007 at 8.50
oué, hein … aller-voir-ailleurs, faire-autre-chose, avec-des-nouvelles-gensses.