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Élémentaire!

Curieuse innarêtable, je me pose souvent des questions débiles auxquelles le Grand Google et son copain Wikipédia n’arrivent pas à trouver de réponse simples et précises.

C’était le cas pour les numéros d’autobus.

En effet, je me demandais régulièrement, sans jamais trouver de réponse précise, simple, logique, claire et donc satisfaisante: «Comment sont attribués les numéros des lignes d’autobus?»

Après mou tergiversations, je suis arrivée à la conclusion que c’était sur le site de la STM que mes vaines recherches pourraient porter fruit.

Hélas!

Bien que la section «histoire» du site du service de transport en commun de ma chère ville soit assez largement remplie de détails concernant, entre autres, l’implantation du service d’autobus, aucun détail n’était visible concernant le qui quoi comment des numéros.

Douleur.

C’est à ce moment de désespoir, après avoir lu ces textes en long et en large, pleuré dans un coin de ma trop grande chambre et arraché tous mes longs cheveux soyeux (mouarf) que mes yeux d’aigle aperçurent dans le bas de mon écran une invitation toute simple à laisser un commentaire. Abasourdie, je rédigeai un texte questionnant celui ou celle qui saurait la réponse:

Bonjour,

ici une utilisatrice du métro et étudiante universitaire curieuse. Je fais actuellement une recherche sur l’histoire du métro et des autobus à Montréal, sujet fort intéressant, et j’aimerais vous remercier pour les textes explicatifs que j’ai pu facilement trouver sur votre site.

J’aurais par contre une question à poser qui n’a pas pu trouver réponse dans mes lectures sur le sujet (si la réponse se trouve sur le site je vous demande pardon de ma grande cécité..!). J’aimerais comprendre l’attribution des numéros de ligne d’autobus, mais je n’arrive pas à en saisir la logique. Il me semble évident que les autobus de nuit sont des “300″, mais les autres, je ne vois pas du tout.

Bref, ma question est bien simple: quelle est la raison de l’attribution des numéros de ligne d’autobus? Est-ce le hasard, le trajet, etc?

Merci à l’avance d’accorder de l’intérêt à ma demande.

(j’admet avoir un peu triché en ajoutant que je faisais une recherche sur le sujet, mais ce mensoge est pardonné par le fait qu’il servait uniquement à me garantir une réponse cordiale et rapide, ce que je n’aurais peut-être pas eu si j’avais seulement été curieuse. Mea culpa)

Ce mail fut envoyé hier soir, tard dans l’après-souper.

C’est donc avec stupeur, et grande joie, qu’aujourd’hui, en vérifiant mes courriels pour la Xeme fois de la journée que je réalisai que j’avais déjà reçu une réponse. C’est cette réponse, tant attendue, espérée, celle qui m’empêchait de dormir qui brillait glorieusement dans mon gmail, entre un courriel biologique et un de Casse-croûte, l’ami.

Cher public, délirant ou non, c’est donc avec beaucoup d’émotion que je te transmet le contenu de ce courriel:

Bonjour,

Merci pour votre question fort intéressante! Il n’existe pas à proprement parler de règles concernant l’attribution des numéros d’autobus, seulement quelques références historiques qui échappent parfois à toute logique…

Quelques numéros de lignes d’autobus sont en fait d’anciens numéros de circuits de tramways. Par exemple, la 15 – Sainte-Catherine et la 58 – Wellington.

D’autres ont été inspirés par le numéro d’une ligne semblable, par exemple la 165 – Côte-des-Neiges qui rappelle l’ancienne ligne 65 – Côte-des-Neiges.

Par ailleurs, quelques lignes d’autobus ont changé de numéro lors de la venue du métro, à qui on a réservé les numéros 1 à 9. C’est notamment le cas de la 8 – Verdun qui est devenue la 107 – Verdun.

Il arrive parfois que les lignes d’un même secteur portent des numéros semblables, comme dans le Sud-Ouest (Verdun et LaSalle) où l’on retrouve les lignes 106, 107, 108, 109, 110, 112, 116 et 123. Mais c’est plutôt rare!

Les numéros 200 sont réservés aux lignes de l’Ouest de l’île. Pourquoi? Lorsque la CTCUM a obtenu le mandat de desservir ce secteur, en 1980, il ne restait plus beaucoup de numéros disponibles dans les 000 et les 100…

Les numéros 300 (à partir de 350 pour être plus précis) sont effectivement réservés aux autobus de nuit.

Les numéros 400 sont généralement réservés aux autobus express.

Les numéros 500 sont réservés aux R-bus (autobus circulant sur des voies réservées). Ainsi, aux heures de pointe, la 506 – Newman remplace la 106 – Newman… bien qu’il s’agisse des mêmes véhicules!

Les numéros 900 sont réservés aux autobus exploités pour l’Agence métropolitaine de transport (AMT).

Plusieurs lignes récentes possèdent un numéro entre 71 et 77. Ces numéros étaient autrefois réservés aux autobus de la CTCUM circulant à Longueuil. Lorsque la Commission s’est retirée de ce territoire, au milieu des années 1980, les numéros sont devenus disponibles…

Enfin, les numéros avec un X à la fin (58X, 107X…) servent à différencier les autobus pour la clientèle scolaire des autobus pour la clientèle régulière.

Bref, la numérotation des lignes d’autobus, c’est tout un art!

Je manquai pleurer de joie. Un seul détail, infime, petit, oubliable, m’en empêcha. Outre ma présence dans la bibliothèque U.-sitaire où l’on dort le mieux, c’est le fait que ce courriel ne répondait pas directement à ma question. En effet, j’étais toujours laissée dans le doute face à cet élément de curiosité: les autres lignes, elles recevaient leur numéro comment? Le hasard? Un chapeau dans lequel étaient placés les numéros? Il semble que la méthode soit fort proche de celle que je viens de proposer, puisqu’aucun système rigoureux n’encadre le choix numérique des numéros.

D’ailleurs, à quoi ça sert des numéros de ligne d’autobus?

**

La semaine prochaine: l’esperanto, qui, quoi, comment, et pourquoi ça sert à quelque chose.





2 Responses to “Élémentaire!”

  1. NSi Says:

    Au moins ils ont répondu :D

  2. TheDolphin Says:

    Et que se cache-t-il sous le plancher surélevé et derrière la cloison renfoncée de l’arrière de cartains autobus? Un moteur? Des cadavres? Des provisions? Des ailes?

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