Mort subite
Public délirant, je sais que l’angoïssante attente t’a étreint ces dernières semaines. Tu ne pouvais plus dormir. Tu voulais savoir.
Aujourd’hui est le jour de la salvation. Tes questions pourront enfin rejoindre leurs réponses chéries, et vivre heureuses jusqu’à la fin des temps.
Tu sauras aujourd’hui toute la vérité, public chérie, sur l’acte courageux et révolutionnaire que j’ai commis, le 22 septembre dernier, en compagnie de Nico.
Je suis allée au Die-In de Montréal.
Oui, oui, public délirant, le Die-In. Souviens-toi. Le 22 septembre de l’an de grâce deux mille six, il y a déjà un mois de cela, se tenait dans la presque plus belle ville de l’espace la journée sans voiture. Cette journée, comme son nom le montre assez clairement, visait à assembler les prolétaires du monde montréalais sous la bannière du piétonnisme, du véloïsme et du skateboardisme (entre autres). Mais un Die-In, quessé, pourquoi, comment?
Un Die-In, public avide de savoir, «c’est un évènement symbolique (au même titre qu’un Sit-In ou un Bed-In) à caractère théâtral,» me dit le site officiel de l’événement. Dans le cas qui nous occupe, c’était une manifestation à caractère pacifiste rassemblant des gens bien sympatiques qui avaient la ferme intention de se coucher dans la rue (mais beurk c’est sale!) Sainte-Catherine, juste en diagonale du centre Eaton, bloquant la méchante circulation polluante. Nous l’avons fait.
C’est le groupe Masse Critique* (qui organise chaque dernier vendredi du mois un happening de cyclistes désirant faire valoir leurs droits sur la route [parce que c’est loin loin loin loin loin d’appartenir seulement aux automobilistes, tenez-vous le pour dit!]) qui avait pensé et publicisé la chose. Tellement publicisé, en fait, que c’est une centaine de personnes qui a regardé le ciel, en silence, pendant quelques minutes ce vendredi-là . Tellement publicié, même, que la police, accompagnée d’une sympatique escouade anti-émeute, a encadré la chose pour s’assurer qu’il n’y aurait pas de bombes ou de meurtres (on le sait, c’est dangereux un pacifiste).
Mais ça réclamait quoi, ce Die-In? Inspiré de celui qui avait eu lieu en 1976, il y a un gros moment de ça, le Die-In Montréal 2006 voulait simplement attirer l’attention du public sur le danger d’être un cycliste (et un piéton) fier dans la vie de tous les jours. Un Die-In symbolisait efficacement les morts que causent l’engin polluant chaque année. (C’était d’ailleurs très beau).
Mais c’est quoi ça Masse Critique? En fait, il faudrait plutôt se demander, c’est quoi la Vélorution? Tout simplement un regroupement de cyclistes qui (exactement comme bibi) en ont franchement marre de risquer leur vie//la bonne santé de leur vélo à cause des stupides automobilistes (sentez-vous à quel point je me retiens de ne pas devenir insultante?). Masse Critique s’occupe d’organiser une rencontre de cyclistes frustrés (mais néamoins forts aimables) chaque dernier vendredi du mois (LE PROCHAIN, C’EST CE VENDREDI**).
Donc! C’était bien drôle et assez décousu. Les gens étaient incroyablement agréables. Le résultat très beau («Eh mais je veux voir ce que ça donne.» «Beeeh, tu regarderas les photos, à la quantité d’appareils qu’il y a ici.» «Ehhh… Mhh… Ouais…»). La chose trop vite passée. Le visage barbouillé de faux sang, nous sommes rentrés chez nous, instruisant un mec dans le métro au passage.
Un autre l’an prochain, j’espère?!

C’est Nico et moi, de dos, écoutant captivés les instructions préalables à notre décès. Plein d’autres photos habitent ici.
* Un autre site dédié à Masse Critique, section Montréal se trouve ici.
**J’y vais. Toi, tu viens avec moi, public militant?
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En vrac, des liens que j’ai glânés là -bas et de clic-clic en clic-clic.
La Teresto: J’ai pas trop fouillé. Une fille (qui nous a ensuite traités de punks en apprenant que Nico et moi étions venus en métro o.O) m’a donné ce lien que je n’ai pas encore pris le temps de découvrir. Je vous l’envoie, faites-en ce que vous voulez.
Enwoye on avance: Wiki dédié à Masse Critique Montréal.
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Andy a elle aussi parlé de la chose, et bien avant moi. Un autre oeil, le même point de vue. Les grands esprits se rencontrent?




octobre 23rd, 2006 at 20.04
punk! maudite révolutionnaire! etc (trop fatiguée pour en trouver d’autres…)
octobre 23rd, 2006 at 23.58
(mais beurk c’est sale!)
lolll
Wow c’est nous! Et on est tellement le centre d’attention de la photo en plus!
octobre 24th, 2006 at 10.35
Ah ouais, faut encore que je te vole les photos de la fille du Die-in Oups moi avoir complètement oublié. Je vais essayer de faire ça aujourd’hui! Dsl de pas y avoir repensé plus tôt…
octobre 25th, 2006 at 12.52
[…] * J’suis pas la seule à en avoir parlé! […]